Le déconventionnement d’une généraliste perturbe un projet de cabinet médical communal en Normandie

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Longny-au-Perche, petite commune de l'Orne, est secouée par un projet de cabinet médical communal qui suscite la controverse. L'idée, portée par le maire Christian Baillif et son conseiller Bertrand Fabre, visait à créer un espace médical ouvert à tous les médecins, qu'ils soient affiliés à l’ARS ou pas, déconventionnés ou pas... Cependant, une récente annonce a semé le trouble dans la paisible commune normande, comme le relate Le Perche/actu.fr

Le déconventionnement d’une généraliste perturbe un projet de cabinet médical communal en Normandie

© Midjourney x What's up Doc

Le point de discorde est venu du Dr Amandine Fabre, une des deux médecins généralistes dans la commune et surtout fille du conseiller municipal en charge du dossier à Longny-au-Perche. Au mois d’octobre dernier, la jeune généraliste a annoncé à ses patients son déconventionnement à partir du 1er janvier 2024. Or, son installation dans le nouveau cabinet communal est prévue depuis le départ du projet. Et les habitants n’ont pas vraiment vu d’un bon œil qu’une médecin déconventionnée profite de locaux et d’une structure subventionnée. Une pétition a même été créée.


Cette décision, annoncée fin octobre 2023, a provoqué un tollé et mobilisé près de 130 personnes lors du conseil municipal du 29 novembre 2023. La question centrale était de savoir si le cabinet médical communal pourrait accueillir des généralistes déconventionnés. « Quand on accepte d’intégrer un projet financé par des collectivités, donc par le contribuable, on doit avoir un minimum de contreparties, c’est du bon sens », avait expliqué Jérôme Vérain, conseiller d’opposition, à Le Perche/actu.fr

Peut-on exercer en secteur 3 dans une structure qui bénéficie de financements publics ?

Initialement, le maire, Christian Baillif, avait justifié ce projet innovant en raison de la désertification médicale, affirmant vouloir offrir une alternative aux professionnels de santé. « On veut rester ouverts à tout le monde, et nous ne souhaitons imposer aucune contrainte à des médecins. Nous ne serons que des bailleurs. » avait-il déclaré dans Le Perche/actu.fr.

Mais depuis la préfecture depuis a tranché : et c’est non ! Les services de l’état ont assuré au maire de Longny-les-Villages qu’ils ne pourraient pas soutenir financièrement un projet où seraient installés des généralistes déconventionnés. Or, avec un projet à 1,8 million d’euros, la mairie pourrait difficilement se passer de ces aides. Les dossiers de subventions étant en cours d'instruction, l'incertitude plane sur le financement du projet.

Face à la pression grandissante et aux préoccupations financières, le maire Christian Baillif a fait volte-face le 4 décembre 2023, regrettant le déconventionnement d'Amandine Fabre et évoquant la possibilité de créer une commission municipale dédiée au projet.

Il faut dire que la question de laisser aux médecins le choix de se déconventionner ou pas, tout en bénéficiant de financements publics, divise la population et l'opposition dans le village et mérite donc discussion.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/je-me-suis-deconventionnee-je-navais-pas-dautres-solutions-pour-faire-de-la-medecine-de

Les habitants se demandent désormais si Amandine Fabre va véritablement exercer en secteur 3 à Longny-Les-Villages, après le 1er janvier 2024, ou si elle va décider de quitter le village.

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