Une médecin généraliste aux JO Milan-Cortina : Sophie Leclerc, sa double vie au sommet du hockey français

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Aujourd'hui à 14h40 à Milan, face à l’Italie, l’équipe de France féminine de hockey sur glace dispute l’un des matchs les plus symboliques de son histoire olympique. Parmi les joueuses alignées, Sophie Leclerc, défenseure internationale, est aussi médecin généraliste en exercice. Portrait d’un double projet mené sans filet.

Une médecin généraliste aux JO Milan-Cortina : Sophie Leclerc, sa double vie au sommet du hockey français

Sophie Leclerc. 

© DR/L.Morillon/FFHG

De Trimolet aux Jeux olympiques

Sur la glace de la patinoire Trimolet, à Dijon, Sophie Leclerc a appris très tôt à composer avec les exigences du haut niveau. Native de Besançon, elle débute le hockey à quatre ans avant d’intégrer le sport-études dijonnais dès la sixième. « J’ai commencé le hockey à 4 ans, puis je suis arrivée à Dijon en sport études en 6e et j’y suis restée jusqu’à la fin de ma 6e année de médecine en 2021 », raconte-t-elle dans Le Bien public.

En mars 2013, elle devient championne de France U18 élite avec l’équipe masculine de Dijon, seule fille sur la glace. Une saison qu’elle qualifie de fondatrice : « 2013, c’était une grosse saison pour moi : championne du monde D1B pour ma première année en senior, championne de France en féminines, et gagner ce titre avec les garçons, ça reste marquant ».

Une carrière mise entre parenthèses pour la médecine

Alors que son parcours international est déjà bien engagé, Sophie Leclerc fait un choix rare : suspendre sa carrière de joueuse de haut niveau pour se consacrer pleinement à ses études de médecine. Pendant six ans, elle met l’équipe de France de côté, tout en continuant à pratiquer le hockey en loisir.

« Je pensais revenir pour les championnats du monde, mais c’est allé plus vite », confie-t-elle à L’Est Républicain. Installée à Lyon pour son internat, elle rechausse finalement les patins après deux ans de pause, cumulant stages hospitaliers, gardes et entraînements intensifs. « Je finissais tard, j’enchaînais avec la muscu, le hockey. Le dodo était un peu mis de côté », raconte-t-elle au Bien public.

Médecine générale, un choix stratégique

Aujourd’hui âgée de 28 ans, Sophie Leclerc est médecin généraliste, remplaçante en libéral dans la région lyonnaise. Un choix mûrement réfléchi. « J’étais attirée par la médecine générale notamment pour le rapport social avec les patients. Avec le projet de continuer le sport, ce choix s’est révélé plus adapté à mon rythme de vie », explique-t-elle.

Cette organisation reste fragile économiquement. À Franceinfo, elle souligne les contraintes financières du double projet : « Un mois de coupure aux Jeux, ça veut dire aucun revenu pour moi. J’ai donc pas mal travaillé avant pour compenser ». Elle précise néanmoins bénéficier depuis peu d’un soutien de l’Agence nationale du sport : « Je reçois par l’ANS une partie de mon manque à gagner quand je suis en stage. C’est vraiment génial ».

Une équipe de France largement amateur

Comme la majorité des Bleues, Sophie Leclerc ne vit pas de son sport. Selon Ouest-France, près de 90 % de l’effectif exerce une activité professionnelle ou suit des études. « Quand je regarde mon parcours, c’est assez irréel de se dire qu’on fait les Jeux », confie-t-elle, soulignant la persévérance collective d’un groupe longtemps resté dans l’ombre.

Dans Challenges, elle détaille la réalité de son quotidien : « Financièrement, je ne m’y retrouve pas tout le temps. Quand je pars une semaine par mois en stage avec l’équipe de France, je ne gagne pas d’argent ». C'est sûr qu’à cause du hockey, je peux moins prendre de vacances, et je serai moins riche que peut l’être un autre médecin libéral », avoue Sophie Leclerc, « mais j’aurai plus de richesse émotionnelle ». 

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Ce soir, le rêve olympique, face à l’Italie

À Milan, Sophie Leclerc sera donc à la fois médecin généraliste… et défenseure de l’équipe de France olympique. Une première pour le hockey féminin français, qui dispute ses tout premiers Jeux d’hiver. « On n’y va pas pour faire de la figuration », affirme-t-elle. « On veut chercher des victoires ».

Face à l’Italie, pays hôte, le coup d’envoi est donné pour une aventure que peu imaginaient possible il y a encore quelques années. « On a une carte à jouer. Si on joue notre hockey, on peut faire un truc. Entre nous on s’est dit qu’on visait au moins les quarts de finale. »

Source:

Le Bien public, Ouest-France, L’Est Républicain, Franceinfo, Challenges
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