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Assortie d’une interdiction définitive d’exercer toute profession médicale, la peine est conforme aux réquisitions de la procureure Laetitia Mirande, qui a pointé le « tableau clinique catastrophique » du prévenu, tel que dressé par l’expertise psychiatrique.
Même si ce diagnostic aurait pu être plus nuancé, « on n’est peut-être pas très loin de la vérité », a estimé la magistrate.
Fasciné par les veines depuis l’âge de dix ans, Nicolas Gonidec avait fait l’objet d’un rappel à la loi en 2001 pour des piqûres illégales. Il a été condamné à trois ans de prison (dont un ferme) à Saint-Brieuc en 2021, puis à cinq ans ferme à Quimper le mois dernier, pour des faits similaires.
Serial piqueur
Âgé de 44 ans, parfois surnommé le « serial piqueur », il comparaissait hier pour des prélèvements et injections sur sept nouvelles victimes, en se faisant passer pour un infirmier.
Relançant ses victimes par SMS ou sur Instagram, il proposait à certaines d’entre elles des massages tantriques, ce qu’elles ont refusé. Lors du procès de Quimper, Nicolas Gonidec avait été condamné pour agressions sexuelles sur six des 47 parties civiles. Il a fait appel de cette condamnation.
En détention provisoire depuis le mois de décembre, le quadragénaire est apparu détaché et très à l’aise à l’audience, lisant des notes et semblant satisfait de parler de lui-même. Il a reconnu les faits, tout en les minimisant.
Lorsque le président l’interroge sur son obsession pour les veines, Nicolas Gonidec le félicite pour ses « très, très bonnes questions ». « C’est comme si j’étais dans un tunnel infernal, où j’ai l’impression d’être infirmier », dit-il, sans parvenir à expliquer pourquoi son obsession porte uniquement sur les veines des femmes.
« Ça fait partie des choses qu’on explore avec mon psy », dit-il, évoquant le « traumatisme » dont il aurait été victime à l’âge de cinq ans après une prise de sang douloureuse, à l’origine, selon lui, de ses actes.
Une « culpabilité de façade », selon l'expert psychiatre
Une hypothèse balayée par l’expert psychiatre Patrick Brossault, qui a décrit Nicolas Gonidec en « psychopathe, narcissique et pervers » faisant preuve d’une « culpabilité de façade, sans véritable honte ».
« Ce qu’il nous raconte, c’est de l’enfumage. Il n’y a rien à faire. Il va recommencer, il va récidiver », a estimé le psychiatre, évoquant même un « risque d’aggravation ».
« Il a un mode de fonctionnement dans lequel l’autre n’existe pas. Il n’a aucune empathie », a déclaré Patrick Brossault, allant jusqu’à comparer le prévenu au médecin nazi d’Auschwitz Josef Mengele.
Une analogie qui a hérissé l’avocate de la défense Jennifer de Kerckhove. « Ce n’est pas une expertise, c’est un réquisitoire ! Elle est teintée de subjectivité de bout en bout ! », a-t-elle lancé, en appelant le tribunal à ne pas juger Nicolas Gonidec « sur toute son œuvre » mais « sur la base de ce dossier ».
« Ce dont je souffre se soigne. J’ai l’intention de sortir de ce mal-là », a promis le prévenu à l’issue des débats.
Avec AFP
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