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Le mardi 5 janvier, Gabriel Terdjman reçoit un premier appel masqué. À l’autre bout du fil, un homme se présente comme policier : « Vous êtes réquisitionné pour établir un certificat de décès. »
Le médecin croit à une plaisanterie. Selon lui, il ne se présente pas clairement, et ne donne ni son nom, ni son grade. Il affirme donc à l’homme qu’il ne se déplacera que s’il reçoit une réquisition écrite. L’interlocuteur le menace de sanction mais Gabriel Terdjman raccroche tout de même.
Plusieurs heures de GAV
48 heures plus tard, le généraliste reçoit un nouvel appel masqué. On lui explique qu’il doit se rendre au commissariat pour être sanctionné suite à son refus de l’avant-veille. À nouveau, le médecin pense à une plaisanterie. Le ton monte, puis il raccroche une deuxième fois.
Quelques jours plus tard, c’est une lettre officielle de la police qu’il reçoit. Sous les conseils de son avocate et de ses patients policiers, il se rend au commissariat à la date et à l’heure prévue.
Dès son arrivée, il est placé en garde à vue. « On s’est comporté comme si j’étais un criminel ou un voyou », déplore Gabriel Terdjman dans les colonnes du Parisien.
Il est alors auditionné par le policier avec lequel le ton est monté par téléphone au moment des faits. La discussion finie, l’agent lui annonce que le procureur ne répond pas au téléphone et doit avoir fini sa journée : le médecin passe donc la nuit en GAV.
Le lendemain, il n’est pas libéré et doit annuler toutes ses consultations de la journée, alors même que certains patients avaient impérativement besoin de soins.
Une vengeance ?
Ce n’est qu’en milieu d’après-midi que le généraliste est libéré. Une convocation devant le délégué du procureur lui est remise sur laquelle on lui reproche un outrage à agent de genre féminin. Or, Gabriel Terdjman est formel : il n’a jamais échangé avec une policière.
On lui répond que lorsque l’homme l’avait appelé quelques jours plus tôt, une collègue féminine était présente en haut-parleur.
Le soignant refuse alors de signer le document, et reste quelques heures supplémentaires en GAV.
Son avocate a saisi le Défenseur des droits, le médecin ne voyant dans cette procédure qu’une « basse vengeance. »
De vive réactions
Sur X (ex-twitter), le SML a réagit écrivant : « Refuser un acte médical ≠ être un délinquant. Le discernement médical mérite le respect, pas la cellule. » La présidente du syndicat, Sophie Bauer, a même ajouté : « Il a été réquisitionné par téléphone pour aller faire un certificat de décès hors de son secteur alors que sa salle d'attente était pleine de patients bien vivants qui avaient besoin de ses soins : pourquoi une nuit en cellule sans le moindre confort ? »
Le Dr Jérôme Marty a lui aussi exprimé son désaccord, plus directement : « Non mais WTF?! Ce monde me dégoûte. »
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