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Dans une lettre ouverte datée du 1er février, adressée au Premier ministre, aux ministres concernés et aux parlementaires, Asalée dénonce ce qu’elle qualifie de « stratégie d’attaque » et annonce engager « toutes les voies juridiques nécessaires ».
Cette prise de parole intervient quelques jours après la suspension de certains versements par la Cnam, qui conditionne la poursuite du financement — plus de 100 millions d’euros par an — à la mise en œuvre effective des recommandations du rapport de l’Igas, notamment en matière de commande publique et de prévention des conflits d’intérêts.
Les salaires au cœur de la riposte
Premier message martelé par l’association : la sécurisation des rémunérations.
« Les rémunérations des infirmières, infirmiers et salariés, en janvier 2026 ont été sécurisées et versées », affirme Asalée, assurant corriger « le moindre écart » lorsqu’il se présente. Une affirmation qui répond directement aux inquiétudes exprimées sur le terrain quant à la continuité des salaires des professionnels employés par l’association.
Asalée réfute par ailleurs toute mise en difficulté interne et évoque des tentatives extérieures visant, selon elle, à « créer la peur, diffuser des rumeurs, impressionner, fragiliser ». Sans désigner explicitement les acteurs visés, la présidente de l’association, Margot Bayart, estime qu’« une ligne rouge a été franchie ».
Le conflit change de nature
Sur le fond du conflit, Asalée confirme un changement de stratégie.
« Nous engageons toutes les voies juridiques nécessaires », écrit la direction, évoquant des actions pour diffamation, calomnie ou atteinte à la vie privée, mais aussi des recours visant à obtenir le versement des sommes qu’elle estime dues et la signature d’une convention pluriannuelle pour la période 2026-2028.
Mais la lettre dépasse le terrain strictement contentieux. « Ce combat n’est pas seulement juridique. Il est politique », affirme Asalée, qui interpelle directement l’exécutif et demande à être reçue « dès le lundi 2 février » par le Premier ministre ou son cabinet. L’association annonce également son intention de transmettre « courriers, pièces et alertes » à la presse.
Dans un registre plus mobilisateur, la direction d’Asalée appelle les professionnels de santé, mais aussi les patients et aidants, à se rassembler autour du dispositif. « Quand on attaque Asalée, on attaque la possibilité même d’un soin humain, de proximité », défend la présidente, qui met en garde contre une « gestion comptable » du soin et une « financiarisation » du système de santé.
L’association annonce enfin des temps d’échange et de mobilisation à venir, sous le mot d’ordre créole « Tyen byen rèd ! Pa moli ! » — « Tenez bon. Ne lâchez pas. »