© Midjourney x What's up Doc
« Nous allons passer à la vitesse supérieure », a lancé la ministre de la Santé Stéphanie Rist, dans une vidéo diffusée en préambule d’une conférence de presse, ce jeudi, à l’occasion des quatre ans de Mon espace santé.
Depuis le lancement officiel du carnet de santé numérique début 2022, les efforts ont principalement porté sur son alimentation par les logiciels métiers et sur son adoption par les assurés.
Pour l’Assurance maladie et le ministère de la Santé, l’enjeu est désormais de faciliter la consultation des documents médicaux par les professionnels de santé, qui dénoncent régulièrement le manque d’ergonomie et de performance du logiciel.
Objectif : permettre aux médecins de consulter directement les documents du carnet de santé numérique du patient depuis leur propre logiciel métier.
Cette évolution repose sur la mise à jour de ces derniers, afin qu’ils puissent s’intégrer directement à Mon espace santé. Les médecins et établissement de santé peuvent d’ores et déjà commander ces nouvelles versions compatibles.
Les premiers déploiements ont déjà commencé à l’hôpital et devraient suivre en médecine de ville, courant 2026, pour « répondre aux frustrations sur le terrain », a indiqué Claire Vigier, directrice de projet à la direction du numérique en santé.
Des dispositifs sont également prévus pour permettre aux professionnels d’accéder aux examens d’imagerie médicale, directement à la source.
Temps gagné
À la clé, le ministère de la Santé et l’Assurance maladie promettent « du temps médical gagné » pour les soignants et « une meilleure prise en charge » des patients, grâce à la « mise à disposition des bonnes informations au bon moment ».
Les autorités sur le fait que celle-ci doit s’effectuer dans le strict respect du consentement éclairé du patient, et au moyen d’outils conformes au cadre réglementaire sur la protection des données, un sujet qui fait régulièrement l’objet d’interrogations.
« Quoi que j’écrive, il m’est nécessaire de savoir pourquoi je l’écris, à quelles fins et quelles conséquences cela peut avoir, puisqu’il s’agit de données personnelles », a rappelé la Dr Patricia Pâme, médecin généraliste parisienne, invitée à partager son expérience du DMP.
Le respect du consentement du patient doit rester « le point fondamental » d’une relation de confiance, a-t-elle souligné, évoquant « un enjeu de démocratie en santé ».
Des travaux sont également engagés pour améliorer la recherche et la synthèse des informations dans les dossiers patients. Et, « clairement, avec le temps, on va avoir besoin de l’aide de l’IA », a assumé Claire Vigier, indiquant que les acteurs économiques du secteur, ainsi que l’Assurance maladie ont déjà engagé des travaux en ce sens.
Cette nouvelle vague de modernisation s’inscrit dans la « deuxième vague » du Ségur du numérique en santé, ce large programme de 2 milliards d’euros financé par l’Union européenne, lancé après la pandémie de Covid.
Pas de précisions sur d'éventuelles sanctions
Le chantier du DMP a récemment ravivé la colère des médecins libéraux, après l’introduction dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) d’une sanction financière pour les professionnels ne respectant pas l’obligation d’alimentation. Cette disposition, qui a été censurée sur la forme par le Conseil constitutionnel, ne figure pas dans la version définitive du texte.
Les représentants du ministère n’ont pas précisé si cette mesure pourrait être réintroduite sous une autre forme. « La nouveauté du PLFSS, c’était la sanction en cas de manquement, pas l’obligation en tant que telle », qui, elle, existe depuis plusieurs années, a rappelé Héla Ghariani, déléguée du numérique en santé. Selon elle, cette mesure visait à « éviter tout retour en arrière ».
https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/mon-espace-sante-new-dmp-ah-bon-tes-sur
Depuis début 2022, 24 millions d’assurés ont activé leur espace santé numérique, et la moitié d’entre eux le consultent régulièrement, selon les chiffres fournis par l’Assurance maladie.
Côté professionnels, plus de 420 millions de documents médicaux ont été déposés en 2025, soit 120 millions de plus que l’année précédente. Neuf établissements de santé sur dix et environ deux tiers des médecins de ville l'alimentent, selon les mêmes chiffres.
Le gouvernement vise 40 millions d’utilisateurs de Mon espace santé à l’horizon 2027.