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« Par ses agissements, le docteur G. a méconnu les principes de moralité, de probité et de dévouement et déconsidéré la profession », indique la décision du 27 février, que l'AFP a pu consulter.
Le médecin rédigeait des ordonnances de correction visuelle pour des patients qu'il n'avait jamais vus, sur la base de contrôles d'acuité visuelle faits par les opticiens dans leur magasin.
La mise en relation entre le médecin et les opticiens se faisait via une plateforme internet pour les opticiens, Sym Lab Group, qui leur promet d'obtenir un « avis médical » pour leurs clients « en moins de 24 heures ».
Ni télé-consultation, ni télé-expertise
La plateforme affirme que le processus est une application de la télé-expertise, qui permet à des professionnels de santé de solliciter l'avis d'un médecin pour un de leur patients.
Mais dans sa décision, la chambre disciplinaire de l'Ordre des médecins relève notamment que « le processus mis en place par la plateforme ne paraît pas de nature à assurer l'élaboration d'un diagnostic consciencieux ».
Il ne respecte « ni les conditions de la télé-expertise, selon laquelle un professionnel de santé se borne à solliciter l'avis d'un médecin, ni celles d'une téléconsultation, qui implique que le médecin voie le patient ».
Par ailleurs, en fournissant des ordonnances, le médecin ophtalmologiste « participe de façon déterminante au développement » des ventes des opticiens clients de la plateforme, violant ainsi un article du code de la santé publique qui interdit le « compérage » entre le médecin et un professionnel de santé, ajoute-t-elle.
La plateforme internet Sym Lab Group à laquelle collaborait le docteur G. est en redressement judiciaire depuis octobre 2025. Sur son site internet, elle revendique « plus de 2 500 opticiens utilisateurs », « 15 médecins ophtalmologues partenaires » et « plus de 100 000 patients déjà accompagnés grâce à la télé-expertise ».
Dans un commentaire sur le réseau social Linkedin, le Dr Vincent Dedes, président du Syndicat national des ophtalmologistes français (Snof) a salué une « sanction exemplaire ». « La télémédecine doit rester de la médecine et respecter le code de déontologie », a-t-il souligné.
Avec AFP
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