Un nouveau suicide d'interne à La Réunion, les « violences systémiques » doivent cesser, d'après les syndicats

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Un interne en psychiatrie s’est donné la mort à La Réunion, annoncent ce matin des syndicats étudiants, qui appellent à des mesures concrètes pour améliorer la santé mentale des jeunes et futurs médecins et éviter de nouveaux drames. 

 

Un nouveau suicide d'interne à La Réunion, les « violences systémiques » doivent cesser, d'après les syndicats

© Midjourney x What's up Doc

 

« C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès d’un interne de la subdivision de l’Océan Indien, s’ajoutant au nombre trop important d’internes et d’étudiants en médecine morts par suicide », écrivent l’Isni, l’Anemf et le syndicat des internes de l’Océan Indien (SIOI) dans un communiqué commun. 

« Cette situation ne peut être considérée comme isolée », mais révèle des « violences systémiques et institutionnelles » subies par de nombreux étudiants et soignants au cours de leur formation et de leur exercice, poursuivent-ils.  

« Des mesures concrètes et durables doivent être mises en œuvre sans délai », exigent les syndicats, appelant à agir pour prévenir de nouveaux drames. 

Selon l'Isni, cet interne en psychiatrie a déclaré « ne plus supporter les conditions d'exercice dans le système de santé français et notamment dans les territoires outre-mer »

Un étudiant sur cinq a des pensées suicidaires

Le communiqué s’appuie sur des enquêtes nationales menées par les syndicats étudiants en 2017, 2021 et 2024 sur la santé mentale des étudiants en médecine. D’après ces travaux, 21 % d’entre eux ont présenté des idées suicidaires dans l’année et 70 % ont envisagé d’arrêter leurs études au moins une fois par mois.

Les conditions de formation sont « particulièrement dégradées », rappellent les syndicats, avec des semaines moyennes de 59 heures (jusqu’à 80 heures selon les spécialités). Et à l'hôpital, « les étudiants sont trop souvent utilisés comme une main-d’œuvre précaire » avec des tâches « peu formatrices », un « manque d’encadrement » et des « pressions hiérarchiques ».

Ils soulignent par ailleurs des inégalités sociales, économiques et territoriales persistantes dans les études médicales, en particulier pour les étudiants ultramarins, ainsi que la contrainte budgétaire et les sous-effectifs chroniques, qui contribuent à l’épuisement des équipes et à la dégradation de leur santé mentale.

Enfin, un interne sur cinq déclare subir des violences sexistes et sexuelles et au moins 14 % d’entre eux rapportent des situations de harcèlement au travail, toujours selon ces enquêtes. 

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/briser-lomerta-qui-entoure-le-suicide-des-internes

« La détresse des internes ne doit pas être invisibilisée », concluent les syndicats. « Honorer la mémoire de notre collègue, c’est agir pour la santé mentale des étudiants et internes en médecine ».

 

Si vous en ressentez le besoin, une aide confidentielle et gratuite est disponible 24/24h au 3114, ligne d’écoute et de prévention du suicide. Demander de l’aide est légitime.
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