Santé publique France amputée par le gouvernement, l’indépendance scientifique en question

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Le gouvernement a décidé d’un « recentrage stratégique » de Santé publique France, dont plusieurs missions, comme la réalisation de campagnes de communication, vont être transférées au ministère de la Santé. Les associations pointent un risque d'atteinte à l'indépendance scientifique.  

Santé publique France amputée par le gouvernement, l’indépendance scientifique en question

© Midjourney x What's up Doc

 

Deux évolutions principales sont à prévoir : « la gestion des stocks stratégiques et de la réserve sanitaire sera dorénavant sous l’autorité hiérarchique directe du ministre de la Santé » tandis que les « campagnes nationales de communication en santé publique » seront « transférées au ministère de la Santé et à la Caisse nationale d’assurance maladie », a indiqué ce vendredi le cabinet de Stéphanie Rist, confirmant des informations de France Inter.

Selon la radio publique, cette réforme a été décidée lors d’une réunion interministérielle, validée par le Premier ministre et annoncée hier aux personnels par la directrice générale de Santé publique France, Caroline Semaille.

Chaîne de commandement raccourcie

Sur la gestion des stocks et de la réserve sanitaire, l’objectif est de « raccourcir la chaîne de commandement, d’unifier les dispositifs existants et de renforcer la capacité de décision, en particulier en période de crise », a indiqué le ministère à l’AFP, invoquant des « fonctions régaliennes de préparation et de réponse aux crises sanitaires ».

Le transfert des campagnes de communication vise à « offrir aux citoyens des messages plus clairs » car une « multiplication des porteurs de campagnes » a « pu brouiller la lisibilité de la parole publique en santé », a ajouté le cabinet de Stéphanie Rist, qui assure viser « une meilleure efficacité » et non des « économies ».

Crainte sur la récupération politique

L’annonce de la restructuration a suscité des inquiétudes sur une reprise en main politique. Évoquant « un risque majeur de censure » sur des campagnes pourtant essentielles (tabac, alcool, drogues, pollution, santé sexuelle), Henrik Dravi, député écologiste et administrateur de Santé publique France, a dit craindre que « cette ingérence politique dans les campagnes de prévention affaiblira l’indépendance scientifique ».

Emmanuelle Béguinot, directrice de l’association anti-tabac CNCT, pointe elle aussi « un risque » pour « la prévention du tabagisme, celle de l’alcool », qui doit s’appuyer sur des « données scientifiques rigoureuses et indépendantes » et « une communication totalement indépendante des lobbies ».

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/deux-campagnes-de-prevention-sur-lalcool-enterrees-par-le-ministere-de-la-sante-qui-plie

Santé publique France a été créée en 2014 pour doter la France, comme les États-Unis ou l’Angleterre, d’un établissement regroupant des missions de prévention et de promotion de la santé, d’alertes et de surveillance et d’intervention.

Elle est née de la fusion de l’Institut de veille sanitaire (InVS), de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), de l’Établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Éprus) et d’Addictions, drogues, alcool info service (Adalis).

Avec AFP

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