Dr Guillaume Pogu - Fondateur des Soignants investisseurs.
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« Je cherche un placement qui rapporte bien, mais sans risque. »
C’est une phrase que j’entends régulièrement lorsque la discussion dérive vers les finances personnelles entre confrères.
À chaque fois, cela me fait penser à une situation que nous connaissons tous en consultation. Imaginons un patient qui nous dise : « Docteur, je voudrais tous les bénéfices du traitement, mais sans aucun effet secondaire. » Nous savons que cela n’existe pas.
Toute décision médicale repose sur un arbitrage entre bénéfices et risques. Nous prescrivons un traitement parce que nous estimons que les bénéfices attendus sont supérieurs aux risques encourus. En investissement, le raisonnement est exactement le même.
« Plus le bénéfice est important, plus il existe une forme de risque associée »
Le rendement est le bénéfice attendu, le risque est la contrepartie à accepter.
En finance, pour le coup, plus le bénéfice potentiel est important, plus il existe généralement une forme de risque associée : volatilité, illiquidité ou risque de perte.
Le premier est le risque de volatilité. Voir un portefeuille perdre temporairement 10 ou 20 % ressemble souvent à ces effets secondaires fréquents mais bénins que nous expliquons à nos patients. C’est désagréable, parfois anxiogène, mais cela ne signifie pas forcément que le traitement est mauvais.
Le deuxième est l’illiquidité. Certains placements nécessitent d’immobiliser son argent plusieurs années. Cela me fait penser aux traitements de fond que nous prescrivons pour prévenir un événement futur. Le bénéfice n’est pas immédiat, mais il rémunère justement cette patience.
Enfin, il existe le risque de défaut. Celui qu’une entreprise ou un projet ne tienne pas ses promesses. Nous ne sommes plus ici dans le registre des effets secondaires bénins mais dans celui des complications rares mais graves. C’est précisément parce que ce risque existe que le rendement proposé est plus élevé.
« Un investisseur qui refuserait toute incertitude ne ferait plus aucun investissement »
Avec le temps, j’ai compris qu’il fallait moins demander : « Combien cela rapporte ? » que « Quel risque suis-je payé pour accepter ? »
Car le rendement n’est jamais un cadeau. C’est une compensation.
Comme en médecine, l’objectif n’est pas d’éviter tout risque. Un médecin qui refuserait tout effet secondaire ne prescrirait plus aucun traitement. Un investisseur qui refuserait toute incertitude ne ferait plus aucun investissement.
L’enjeu est de trouver la bonne posologie : celle qui correspond à votre situation, à vos objectifs et à votre capacité réelle à supporter les inévitables effets secondaires du parcours.
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Concrètement, la question n’est donc pas de trouver « le meilleur placement », mais de placer chaque euro au bon endroit.
L’argent dont on peut avoir besoin rapidement, remplacement d’une voiture, coup dur familial, impôt imprévu, baisse temporaire d’activité, n’a pas vocation à être exposé aux marchés. Il doit rester disponible et sécurisé. C’est le rôle d’une épargne de précaution.
À l’inverse, l’argent dont on n’a pas besoin avant dix ou quinze ans peut accepter davantage de volatilité. Un portefeuille actions diversifié peut baisser fortement à court terme, parfois au pire moment psychologique, mais c’est précisément cette incertitude qui explique son espérance de rendement supérieure sur longue période.
« À chaque objectif correspond une durée, une disponibilité nécessaire et un niveau de risque acceptable »
Entre les deux, il existe des situations intermédiaires : un projet immobilier à trois ans, des études d’enfants à financer, une installation professionnelle à préparer, une retraite à anticiper. À chaque objectif correspond une durée, une disponibilité nécessaire et un niveau de risque acceptable.
Le bon raisonnement n’est donc pas : « Combien ce placement peut-il me rapporter ? » Il est plutôt : « Quel risque ce rendement rémunère-t-il, et est-ce que cette contrepartie me paraît acceptable ? »
Dans la newsletter complète des Soignants Investisseurs, je détaille les principaux risques que rémunèrent les différentes classes d’actifs et pourquoi le temps reste probablement le meilleur allié de l’investisseur de long terme.
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