« Nous ne sommes pas des marchands de tapis, notre métier c’est soigner », le médecin fondateur d’Honoraires.app justifie les restes à charge

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Bases de remboursement figées, cotisations en hausse : les patients paient plus pour se soigner. Avec Honoraires.app, ce médecin veut montrer que ces surcoûts ne viennent pas des praticiens, mais du système de remboursement. 

« Nous ne sommes pas des marchands de tapis, notre métier c’est soigner », le médecin fondateur d’Honoraires.app justifie les restes à charge

© iStock / Honoraires.app

 What’s up Doc : Qui êtes-vous et qu’est-ce qui vous a motivé à lancer ce site ? 

Je souhaite rester anonyme. Mon identité importe peu. Je souhaite surtout mettre en avant la cause que je défends. 
Nous, médecins, avons vu la situation se dégrader au fil des années. On a constaté la non-progression des remboursements des actes, et en parallèle le coût de la vie qui continue à augmenter.
Le déclic est venu d’une discussion récente avec un de mes associés. On s’est rendu compte qu’il y avait désormais des patients qui recevaient des courriers de certaines mutuelles dans lesquels elles donnent comme consigne à leurs adhérents d’aller discuter, voire négocier, les honoraires avec leur médecin. En précisant même que dans 60 % des cas, ça fonctionne.
Nous nous sommes dit qu’on arrivait à une situation où nous allions devenir des marchands de tapis. Or ce n’est pas notre métier : notre métier, c’est de soigner.
On a effectivement besoin de compléments d’honoraires parce que nos honoraires ne sont pas revalorisés depuis des années. Mais les gens ne le savent pas.
Donc on s’est dit qu’on allait mettre tout ça en ligne, de manière didactique.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/le-site-montrer-aux-patients-quand-la-question-des-depassements-dhonoraires-fache

Vous mettez en cause les agissements de mutuelles. Pouvez-vous développer ?

Notre message est que les Français n’en ont pas pour leur argent.
Le site est destiné aux professionnels de santé, mais surtout aux patients.
Ce qu’on veut démontrer c’est que le problème n’est pas les compléments d’honoraires demandés par les médecins, mais le fait que la base de remboursement n’a pas été augmentée depuis des années, alors que les patients paient chaque année davantage, via leurs cotisations salariales et leurs mutuelles.
Les mutuelles sont gagnantes sur l’augmentation des cotisations et sur la non-revalorisation de la base de remboursement.

« Nous exposons des faits, avec des données ouvertes. Nous ne disons pas aux gens quoi penser. À eux ensuite de se tourner vers leurs élus ou leurs mutuelles. »

Quel impact espérez-vous de ce site Honoraires.app ?

Nous ne pensions pas faire autant de bruit. Le projet a commencé sur un groupe d’anesthésistes libéraux d’un syndicat, puis sur des groupes WhatsApp régionaux, et il y a eu un effet boule de neige.
Le site a été sous-dimensionné au départ, on a eu énormément de visites. Depuis, l’infrastructure a été renforcée.
Nous sommes des lanceurs d’alerte. Nous exposons des faits, avec des données ouvertes. Nous ne disons pas aux gens quoi penser. À eux ensuite de se tourner vers leurs élus ou leurs mutuelles.
Nous souhaitons que les patients soient conscients qu’il y a un risque que notre système de santé puisse ressembler à celui des États-Unis : une médecine privée accessible uniquement aux plus riches. Ce n’est pas ce que nous voulons.

Le lien du site ici

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