Que demandent vraiment les médecins à MedGPT ?

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L’intelligence artificielle s’installe progressivement dans la pratique médicale quotidienne. Mais loin des discours théoriques, que font réellement les médecins avec ces outils ? Une analyse inédite des usages de MedGPT, assistant conversationnel développé par Synapse Medicine, apporte des éléments concrets : les soignants ne l’utilisent ni pour se former, ni pour explorer, mais pour décider — ici et maintenant, face au patient.

Que demandent vraiment les médecins à MedGPT ?

© Midjourney x What's up Doc

Un outil récent déjà largement adopté

Lancé en septembre 2025, MedGPT.fr se présente comme un assistant médical conversationnel conçu pour la pratique française, soit le ChatGPT des médecins. En quelques mois, il a été adopté par plus de 65 000 professionnels de santé.

L’analyse repose sur des centaines de milliers de questions posées en situation réelle, dans un cadre clinique. Contrairement aux enquêtes déclaratives, elle permet d’observer ce que les soignants font réellement, au moment où une décision doit être prise.

Les médecins généralistes représentent à eux seuls 52,6 % des requêtes, loin devant les infirmiers (15,1 %) et les pharmaciens (13,7 %). Autrement dit, ce sont les professionnels de première ligne — ceux qui voient le plus de patients — qui utilisent le plus l’outil.

Un point clé ressort immédiatement : dans près d’un cas sur deux (49,6 %), la question posée n’attend pas une explication, mais une réponse directement actionnable.

Diagnostiquer et prescrire : les deux usages dominants

L’analyse des requêtes montre une réalité très claire : MedGPT est d’abord utilisé comme un outil d’aide à la décision clinique.

Premier usage : le diagnostic, qui représente 55,4 % des questions.
Les médecins décrivent des symptômes pour obtenir une orientation (15,8 %), soumettent des résultats d’examens pour interprétation (12,7 %), ou cherchent une démarche diagnostique structurée face à un cas complexe (10,2 %).

Deuxième usage : la prescription médicamenteuse, qui concerne 47,5 % des requêtes.
Les questions portent principalement sur :
– les indications thérapeutiques (15,6 %)
– les modalités de prescription, notamment les posologies (10,2 %)

À eux seuls, ces deux items concentrent plus d’un quart des questions posées. Ce n’est pas anodin : ce sont précisément les moments où l’erreur a le plus de conséquences.

Une IA utilisée au moment du doute

Ce que montre ce baromètre, c’est que l’IA n’est pas utilisée en dehors du soin, mais au cœur de la consultation.

Les soignants ne sollicitent pas MedGPT pour de la veille scientifique ou de la formation continue. Ils l’utilisent au moment du doute clinique, face à un patient, lorsqu’il faut trancher rapidement.

L’infographie du baromètre souligne d’ailleurs cette logique : diagnostiquer et prescrire sont présentés comme les deux moments où on ne peut pas se permettre de douter.

Autrement dit, MedGPT est mobilisé comme un appui décisionnel en temps réel, dans des situations concrètes, souvent sous contrainte de temps.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/les-medecins-ne-devraient-plus-aller-sur-google-ou-chatgpt-medgpt-est-la-fiable-et

Des usages qui dépassent les cadres habituels

L’un des enseignements les plus marquants concerne les usages hors périmètre.

Les infirmiers consacrent 44 % de leurs questions à l’aide au diagnostic, dont 15,7 % décrivent directement des symptômes.
Les pharmaciens, de leur côté, posent 27,8 % de questions liées au diagnostic.

Ces chiffres traduisent une évolution du système de soins : face à la tension sur l’accès aux médecins et à l’allongement des délais de consultation, certains professionnels sont amenés à intervenir au-delà de leur rôle traditionnel.

Comme le souligne Louis Létinier, cofondateur de Synapse Medicine :
« Les données montrent que les infirmiers et les pharmaciens font face à des situations de plus en plus complexes, souvent au-delà de leur périmètre habituel. MedGPT.fr est là pour les aider à le faire avec plus de certitude et moins de solitude. » 

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