Le CHU d'Angers condamné à verser 12 000€ à une patiente pour avoir continué l'opération malgré ses cris et pleurs

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Le tribunal administratif de Nantes a condamné, en octobre 2025, le CHU d’Angers à indemniser à hauteur de 12 200 euros une patiente opérée de varices en 2020, estimant que l’établissement avait commis plusieurs fautes, dont le fait de poursuivre l’intervention malgré ses plaintes de douleurs.

 

Le CHU d'Angers condamné à verser 12 000€ à une patiente pour avoir continué l'opération malgré ses cris et pleurs

© Midjourney x What's up Doc

 

La patiente, âgée de 66 ans au moment des faits, avait été prise en charge le 10 novembre 2020 pour une « ablation (…) sous anesthésie locale » d’une varice, selon le jugement rendu le 30 octobre 2025.

Si les suites opératoires avaient d’abord été jugées « simples », la patiente avait ensuite présenté un gonflement et des douleurs dans dans la jambe, et avait éprouvé des difficultés à marcher et à trouver le sommeil. 

Les examens post-opératoires n’avaient révélé « aucune anomalie » et la patiente avait été orientée vers un centre anti-douleurs, qui avait « rejeté » sa demande de prise en charge. Elle s’était alors retournée contre le CHU d’Angers, estimant que l’établissement ne l’avait pas informée des risques de l’intervention. 

Dans son jugement, le tribunal administratif de Nantes a estimé que, si la patiente a été informée des principales complications éventuelles, elle ne l’a pas été, en revanche, « s’agissant des douleurs neuropathiques persistantes », un risque pourtant redouté après ce type d’intervention. 

De plus, la fiche d’information remise à la patiente ne mentionne que des douleurs ponctuelles, alors que celles-ci ont « présenté un caractère persistant », a également relevé l’expert cité par les juges.

Opération pas indispensable 

Les magistrats ont souligné en outre que la patiente a demandé à plusieurs reprises de mettre un terme à l'opération, « en raison des douleurs (…) qui se traduisaient par des pleurs et des cris de sa part »

En poursuivant l’intervention « en dépit du souhait exprimé par la patiente d’y mettre un terme », les médecins ont commis une faute, selon le tribunal.

Enfin, l’opération n’était « pas conforme aux données acquises de la science », les juges considérant qu’une contention élastique aurait dû être prescrite en première intention. 

Si le CHU d’Angers a contesté l’efficacité de cette option en raison d’antécédents de thromboses veineuses profondes, il n'a produit « aucun élément (…) à l’appui de ses allégations », a noté le tribunal.

Estimant que, correctement informée, la patiente n’aurait pas consenti à l’opération, les juges ont rappelé que celle-ci, « décidée pour des motifs essentiellement esthétiques », n’était donc pas indispensable. 

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Le CHU d’Angers est condamné à verser 12 200 euros de dommages et intérêts à la patiente, 250 euros à sa caisse d’assurance maladie, ainsi que l’intégralité des frais d’expertise, d’un montant de 2 650 euros.

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