Budget menacé : 26 centres de santé des quartiers populaires redoutent la fin du dispositif Secpa

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Vingt-six centres et maisons de santé, principalement implantés dans des quartiers populaires, disent craindre une réduction drastique de leur budget via « l’abandon » d’un dispositif expérimental qui les finance, dérogeant au paiement à l’acte pour mieux accompagner les publics vulnérables. Le gouvernement s’est employé à les rassurer en s’engageant à « pérenniser » leurs financements.

Budget menacé : 26 centres de santé des quartiers populaires redoutent la fin du dispositif Secpa

© Midjourney x What's up Doc

Expérimenté depuis 2021 dans le cadre juridique dit « article 51 », le dispositif Secpa (Structures d’exercice coordonné participatif), doté de 14 millions d’euros en 2025, versés par l’Assurance maladie, représente jusqu’à « un tiers du budget annuel » de ces 26 structures, rappellent-elles dans une pétition et un communiqué.

En complément des « financements ordinaires », essentiellement le paiement à l’acte, des enveloppes sont dédiées au travail « hors soins » des équipes pluriprofessionnelles qui accompagnent des patients éloignés du système de santé, médecins généralistes, psychologues, médiateurs en santé ou personnels d’accueil. Ces financements soutiennent aussi des actions de santé « participative », destinées à renforcer les connaissances en santé et l’autonomie des usagers, notamment via des ateliers collectifs, activité physique adaptée, enfants et écrans ou gestion de la douleur.

Le dispositif permet également de financer des consultations de psychologie et le recours à des interprètes. Il « s’inscrit dans les engagements pris par l’État » à la suite de la pandémie de Covid, « qui a mis en lumière » les inégalités sociales et territoriales de santé, rappelle le communiqué.

La crainte d’une rupture brutale

Fin janvier, le gouvernement a pourtant annoncé à ces structures « la suppression du dispositif », l’expérimentation arrivant à échéance en avril, déplorent-elles.

L’exécutif « présente cette décision comme un passage dans le droit commun », mais celle-ci « se traduit en réalité par un basculement vers le Label Maisons France Santé, plafonné à 50 000 euros annuels par structure », contre plus de 500 000 euros pour le dispositif Secpa, ainsi qu’un « recours aux Fonds d’intervention régionaux des Agences régionales de santé, déjà fortement contraints », sans moyens supplémentaires, alertent-elles.

Elles craignent dès lors une réduction massive de leur budget, susceptible de les mettre « gravement en danger ». Parmi ces structures figurent Le Château en santé à Marseille, Le Village de Santé d’Échirolles, en Isère, ou La Place Santé à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis.

L’exécutif promet une continuité

Interrogé par la députée écologiste Cyrielle Chatelain devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a assuré que « l’ensemble des 26 structures » seraient bien « pérennisées et financées ».

Cyrielle Chatelain a redemandé si « les 14 millions d’euros » seraient bien « mis sur la table ». « Les structures Secpa ne sont pas remises en question », a répondu Sébastien Lecornu, renvoyant vers la ministre de la Santé Stéphanie Rist pour le détail des « sommes ».

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/si-les-centres-de-sante-perdent-de-largent-cest-quils-sont-mal-geres-ah-bon-tes-sur

Le ministère temporise

« Il y a consensus sur l’utilité des centres Secpa » et « une décision de généraliser cette expérimentation a été prise », indique à l’AFP le cabinet de Stéphanie Rist.

Selon le ministère de la Santé, le « modèle financier » sera « arbitré très prochainement », en repartant « des budgets adoptés dans la loi de financement de la sécurité sociale ». Plusieurs leviers doivent être mobilisés, notamment les fonds de l’Assurance maladie France Santé, les Fonds d’intervention régionaux et le soutien des collectivités territoriales, précise la même source, sans avancer de montants chiffrés.

Avec AFP

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