© La Générale
À l’origine du projet, cinq médecins généralistes : Marco Berardi, Thomas Garrain, Claire Fellous, Annabelle Fortané et Pierre Freart. À leurs côtés, Quiterie Cazaubiel, ingénieure en génie des procédés et de l’environnement.
En 2020, ce groupe d’ami décide de s’unir pour exercer différemment. Ensemble, ils ont imaginé un espace qui sort de l’ordinaire, tout en s’impliquant pleinement dans le territoire. C’est à Anglet, pette ville située entre Biarritz et Bayonne, qu’ils ont décidé de faire naître le projet.
Qu’est-ce qu’un tiers-lieu de santé ?
« La Générale s’intègre dans la définition proposée par la Coopérative des Tiers-Lieux. C’est un projet collectif qui cherche l’émancipation individuelle tout en étant ancré sur le territoire », nous explique Quiterie Cazaubiel.
Tous partaient d’un même constat : les patients ne voyaient leur médecin que lorsqu’ils étaient déjà malades. « On s’est donc demandé comment faire pour que les gens prennent soin de leur santé avant qu’ils ne tombent malades ? », résume-t-elle.
Pour cela, ils ont basé leur feuille de route sur la définition de la santé de l’OMS, une prise en charge globale physique, mentale et sociale. Le but : créer un lieu de consultation et de vie où médecins et patients y trouvent leur compte.

Les co-fondateurs de La Générale : Marco Berardi, Thomas Garrain, Claire Fellous, Annabelle Fortané. (Pierre Freart manque à l'appel.)
La prévention au cœur du projet
Marco Berardi avoue que La Générale est né d’une frustration. « En tant que jeune médecin, tu as un nombre infini de possibilités pour t’installer, mais souvent dans des lieux désincarnés. Même si notre métier est passionnant, ces conditions d’exercices ne mettent pas des papillons dans le ventre. »
Très vite, avec Thomas Garrain, confrère et ami, les idées fusent. « Nous nous sommes dit que le jour où on s’installerait, notre salle d’attente serait un endroit où les gens se sentiront bien. » Petit à petit, ils ont développé cette notion de « bien-être » qui, pour eux, rimait avec café, bibliothèque, concerts, ou encore expositions. « C’est comme cela que nous sommes arrivés à la notion de tiers-lieu. »
Un espace où on se sent bien, c’est un espace qu’on ne redoute pas. C’est tout l’intérêt de La Générale : faire venir les patients par envie, pas par obligation lorsqu’ils sont malades. « C’est de cette façon que nous pouvons réaliser une prévention efficace. »
Thomas Garrain ajoute qu’à La Générale, patients et médecins sont au même niveau. Il n’y a pas de rapport de supériorité, dans les lieux de vie comme en consultation. « C’est une relation humaine qui se crée avec nos patients. »

Le café de La Générale.
Une prise en charge sociale
Pas médecins mais indispensables, Léa Beaugé et Marlène Mimiague sont les deux coordinatrices de La Générale. Des véritables « couteaux-suisses », elles ont d’abord un rôle d’accueil des patients et des usagers du café, La Générale étant accessible à tous, même si aucune consultation avec un soignant n’est prévue.
En prime, les coordinatrices gèrent l’organisation des activités ou des conférences. Et elles sont nombreuses : activités physiques, yoga, chant, tricot, théâtre… Léa et Marlène se chargent aussi des « relations avec les acteurs du territoire et associations », ainsi que de répondre aux appels à projet pour obtenir davantage de financements et faire vivre le tiers-lieu.
Dans la définition de l’OMS, ce sont les coordinatrices qui répondent en partie à l’aspect « social. » Quiterie Cazaubiel, ingénieure, rebondit : « On dit souvent qu’à La Générale, il y a deux consultations : la première au café, et ensuite chez le médecin. » Autour d’une boisson, les patients, simples visiteurs, habitants, personnes âgées et/ou isolées se retrouvent.

La Générale vue d'en haut.
« La Générale crée une autre porte d’entrée pour prendre soin de soi. Aller voir son médecin, c’est souvent quand ça ne va pas, donc en position de faiblesse. Là, ça met de la douceur dans l’approche médicale », précise Léa Beaugé.
En parallèle de son rôle de coordinatrice, Marlène Mimiague est aussi diététicienne. Elle confie : « J’exerce à La Générale, mais j’ai un autre lieu d’exercice où certains patients sont hors du parcours de soin. Ils ne veulent plus voir de médecins. Ils en ont même horreur parce qu’ils l’associent à un moment désagréable. J’essaie de les rediriger vers La Générale, et souvent, ça plaît. »
Pour conclure, Marco Berardi met un point d’honneur au « suivi scientifique, via des thèses, des travaux, pour observer et tirer des conclusions. » Ce n’est pas juste « un projet de bobos », mais une façon d’exercer différente qui fait sens en désert médical et qui est plus attirant pour médecins et patients.
A voir aussi
Médecins en campagne : ces praticiens qui briguent une mairie aux municipales 2026
Le Pr Jérôme Salomon, ancien directeur général de la Santé, rejoint la start-up Zoï
« Je me sens utile et j’apprends beaucoup » : Didier Legeais, chirurgien urologue engagé à l’Ordre
Olivier Véran : « Il y a eu un shitstorm autour de la médecine esthétique : je n’avais pas mesuré qu’en tant qu’ancien ministre, chacun de mes choix serait scruté »