Dr Olivier Matarese.
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Médecin du sport installé à Saint-Martin-d’Hères (Isère), Olivier Matarese suit à l’année les athlètes du freestyle et du snowboard. Des disciplines qu’il décrit sans détour sur France Inter : « Les disciplines du ski freestyle et du snowboard, ce sont les plus traumatiques de l’ensemble des disciplines olympiques, été-hiver confondus. »
Genou, dos, commotions cérébrales : le triptyque des blessures est bien identifié. « Les traumatismes du genou, les douleurs de dos et également la commotion cérébrale. Dans l’ordre, c’est à peu près les trois blessures les plus fréquentes. »
Concernant les commotions, il rappelle l’évolution des pratiques : « On a eu toute une période où on avait une augmentation du nombre de commotions parce qu’en fait, on arrivait de mieux en mieux à les dépister. Depuis qu’on a mis en place tous ces outils, on est plutôt sur une phase de plateau. On n’a pas d’augmentation récente du nombre de commotions. »
Aux JO, se tenir prêt avant tout
Pendant les Jeux, son rôle change d’intensité mais pas de nature. Il est là pour intervenir en cas d’urgence, tout en respectant le cadre réglementaire.
« Moi pendant la compétition, pendant les entraînements ou les qualifications, je suis toujours en haut. » Un positionnement stratégique : « Puisque si jamais il y a une chute ou un blessé, il faut que je puisse intervenir. Donc je suis toujours à ski avec mon sac médical. »
Pour autant, le médecin de l’équipe de France n’est pas le premier à agir sur la piste. « On n’a pas le droit déjà de faire des soins sur la piste parce que c’est l’équipe médicale de l’organisation qui est responsable de ça. » Son rôle est alors ailleurs : « On a plutôt un rôle de rassurer l’athlète, de l’accompagner du mieux possible. »
À Milan-Cortina, l’absence de blessure grave est vécue comme une victoire silencieuse. « On peut se réjouir […] qu’il n’y ait pas eu de blessés importants au sein de la délégation française et ça, c’est un gros soulagement. » Le travail a surtout porté sur l’amont : « On a eu du travail à réaliser surtout sur des athlètes qui s’étaient blessés avant d’arriver aux Jeux Olympiques. »
Avant et après les Jeux : préparer, suivre, prévenir
En dehors des JO, Olivier Matarese accompagne les athlètes tout au long de la saison. Son activité mêle consultation, suivi des blessures, coordination avec les kinésithérapeutes et les préparateurs physiques, décisions de reprise.
La logique est double : soigner, mais aussi éviter la récidive. Dans des sports où l’engagement physique est maximal et les chutes fréquentes, la prévention occupe une place centrale.
Sur les compétitions internationales comme aux Jeux, il incarne cette présence discrète mais essentielle : toujours en haut de la piste, skis aux pieds, sac médical prêt, dans l’ombre des performances. Une médecine de l’anticipation et de l’instant, au service d’athlètes qui évoluent à la limite.
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