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Les textes prévoient une hausse des restes à charge à l’hôpital, ainsi que la suppression de certaines exonérations du ticket modérateur. Sont notamment concernés des médicaments à service médical rendu (SMR) faible, y compris pour des patients en affection de longue durée (ALD). Une évolution que les associations jugent particulièrement préoccupante pour des malades déjà exposés à des dépenses répétées.
Les malades paient doublement
Les signataires disent leur « colère » face à ce qu’elles considèrent comme une nouvelle contribution imposée aux patients pour rééquilibrer les comptes de l’Assurance maladie. « Quand il faut faire des économies, ce sont les malades qui paient. Et doublement », écrivent-elles.
Elles estiment que ces mesures interviennent dans un contexte déjà tendu pour les patients. En 2024, les plafonds journaliers des participations forfaitaires et des franchises médicales ont été doublés. Parallèlement, les cotisations des complémentaires santé ont augmenté, renchérissant encore le coût global de l’accès aux soins.
Pour les associations, l’accumulation de ces mesures transforme un ajustement budgétaire en « obstacle financier supplémentaire ». « Pour des personnes atteintes de maladies chroniques, accidentées du travail ou en situation de handicap, chaque euro compte », soulignent-elles, évoquant des hospitalisations répétées, des traitements au long cours et des frais indirects souvent peu visibles.
Risque de renoncement aux soins
Au-delà de la critique politique, les associations mettent en avant un enjeu sanitaire. « Augmenter les restes à charge, c’est prendre le risque d’augmenter les renoncements aux soins », préviennent-elles. Elles redoutent un creusement des inégalités de santé, touchant en priorité les patients les plus fragiles.
Elles contestent également la méthode, estimant ne pas avoir été associées en amont aux décisions. « Les malades ne peuvent pas être la variable d’ajustement d’un système fragilisé », écrivent-elles, appelant à un effort « réellement partagé » entre les différents acteurs du système de santé.
Les signataires demandent le retrait des décrets et l’ouverture d’une concertation. À défaut, elles annoncent envisager un recours devant le Conseil d’État. Elles invoquent le onzième alinéa du Préambule de la Constitution de 1946, selon lequel « la Nation (…) garantit à tous (…) la protection de la santé ».