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Lors d'une étude réalisée en 2023, près de la moitié des soignants (46 %) ont déclaré être tombés malades au cours des trois derniers mois, contre 27 % pour l'ensemble des salariés. Un soignant sur deux indiquait avoir connu un épisode d'épuisement professionnel, 29 % se sentaient en « mauvaise santé mentale » et 60 % éprouvaient des douleurs chroniques.
Face au phénomène, plusieurs groupes de travail (ministère, administrations, ordres professionnels, syndicats, étudiants...) ont planché pendant un an et défini une « première salve » de mesures, indique le ministère de la Santé.
Le ministère va notamment créer un « portail commun d'information » en ligne et un numéro d'appel lié, pour « centraliser tous les dispositifs déjà existants » visant à améliorer la santé des soignants. Il mettra en avant les initiatives locales et formations disponibles, à ce stade éparpillées entre différents acteurs et territoires, explique-t-il dans un communiqué.
Un label national pour les hôpitaux engagés
Un « label national » sera aussi créé pour mettre en valeur les structures qui « s'engagent » pour la santé de leurs collaborateurs. Lorsqu'ils cherchent à changer d'employeur, par exemple, les médecins, infirmières ou aide-soignantes pourront identifier ceux qui se distinguent.
L'exécutif encouragera par ailleurs « l'ensemble des structures » (hôpitaux, centres de santé...) à mettre en place des « minutes de prévention », « temps courts de partage collectifs » pour intégrer des « réflexes simples » dans les pratiques (s'hydrater, éviter certains gestes à risque...). Mais cette mesure ne sera pas contraignante, selon le cabinet de la ministre.
Un module sera ajouté à la formation initiale et continue sur le thème « être acteur de sa propre santé », et un appel à projets lancé pour développer la recherche.
L'exécutif demandera à la Drees (services statistiques des ministères sociaux) de réaliser des « bilans périodiques » réguliers pour disposer de « données fiables et actualisées » sur le sujet. Il promet aussi de « garantir l'anonymisation des données » des soignants malades qui consultent.
En outre, le gouvernement entend communiquer auprès du grand public et des administrations pour faire de la santé des soignants une « priorité ». Ces travaux ont vocation à se poursuivre avec d'autres groupes de travail qui porteront notamment sur la parentalité, les conduites addictives, ou l'alimentation.
Avec AFP