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Le vieux nom fabriquait de fausses représentations
Le terme « syndrome des ovaires polykystiques » posait deux problèmes concrets. D'abord, il était anatomiquement inexact : ce que l'on appelait des kystes sont en réalité des follicules en maturation incomplète, pas des kystes pathologiques. Ensuite, il concentrait l'attention sur l'ovaire, reléguant au second plan les dimensions endocrinienne, métabolique, dermatologique, cardiovasculaire et psychologique du syndrome.
Un nom faux fabrique de mauvaises représentations, parfois dès l'annonce du diagnostic. La Dr Laure Geisler le formule clairement sur LinkedIn : « La sémantique est un outil de soin. En changeant de nom, on change le regard sur la maladie. » Elle décrit des patientes jeunes arrivant en consultation persuadées d'avoir des ovaires « couverts de kystes » et de se diriger vers une infertilité inéluctable, après une simple recherche en ligne.
Quatorze ans de travail, un large consensus
Ce changement est le fruit de quatorze ans de concertation internationale associant sociétés savantes, cliniciens, chercheurs et groupes de patientes, sous l'impulsion notamment de la professeure Helena Teede, endocrinologue au Monash Centre for Health Research and Implementation à Melbourne.
Il ne sort pas de nulle part : une étude publiée en 2025 dans eClinicalMedicine, à partir de 7 708 réponses recueillies en 2015 puis en 2023, montrait que 85,6 % des patientes et 76,1 % des professionnels de santé souhaitaient un changement, afin que la dénomination reflète mieux les dimensions reproductives, cardiométaboliques, hormonales et psychologiques du syndrome. Une transition progressive est prévue jusqu'en 2028 pour intégrer le nouveau nom dans les recommandations internationales.
https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/sopk-un-diagnostic-encore-trop-approximatif
Ce que SMOP change dans votre pratique
Le nouveau nom replace la pathologie au bon endroit : pas seulement dans le champ gynécologique, mais dans une prise en charge transversale. Les recommandations internationales de 2023 soulignaient déjà la nécessité d'intégrer les préférences des patientes et les perspectives multidisciplinaires pour améliorer leur qualité de vie.
SMOP rend cette logique explicite dès l'appellation. C'est aussi un outil de consultation : expliquer à une patiente qu'elle souffre d'un syndrome métabolique, ovarien et polyendocrinien, c'est d'emblée lui donner une image plus juste et moins anxiogène de sa maladie, et poser les bases d'un accompagnement qui ne se limite pas à l'axe reproductif.
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