Sondage Exclusif What’s up Doc/SantExpo : Excellence en santé, 83 % des médecins estiment ne plus pouvoir exercer avec le niveau d’exigence qu’ils souhaitent

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Selon un sondage exclusif What’s up Doc pour SantExpo, l’excellence en santé reste d’abord associée à la qualité des soins, à la sécurité et au temps médical. Mais les médecins décrivent surtout un décalage massif entre leurs exigences professionnelles et les conditions réelles d’exercice : 68 % jugent l’excellence impossible aujourd’hui dans leur pratique, et 83 % estiment que le système ne leur permet plus d’exercer leur métier avec le niveau d’exigence qu’ils souhaitent.

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Sondage What's up Doc révélé en exclusivité à SantExpo 2026.

Profil des médecins répondants.

Modes d'exercice des médecins répondants.

C'est quoi l'excellence en santé pour les médecins ?

Un excellence hors de portée des médecins.

Des freins multiples.

Des inégalités en fonction des âges des patients.

Une prévention toujours parent pauvre.

Des adolescents et des personnes âgés encore plus délaissés. 

L'innovation ne suffira pas.

Les leviers à envisager.

Oui l'environnement ça compte !

Un avenir pas vraiment radieux.

Excellence en santé ce n'est pas gagné. 

L’excellence en santé n’a pas disparu des radars des médecins. Elle reste même une exigence centrale. Mais elle semble de plus en plus difficile à atteindre dans les conditions actuelles d’exercice. C’est le principal enseignement du sondage exclusif What’s up Doc pour SantExpo, réalisé en ligne auprès de 324 médecins entre le 13 février et le 22 avril 2026.

Le profil des répondants offre une photographie relativement diversifiée du corps médical interrogé : 55 % de femmes et 45 % d’hommes ; 60 % de médecins âgés de moins de 50 ans et 40 % de 50 ans ou plus. Les modes d’exercice sont également répartis entre libéraux, hospitaliers et salariés : 33 % des répondants exercent en libéral, 32 % sont praticiens hospitaliers ou hospitaliers, 20 % sont salariés, 5 % internes et 10 % relèvent d’autres statuts. Les médecins généralistes représentent 29 % des répondants, devant notamment les anesthésistes, psychiatres et gériatres, chacun à 6 %, ainsi que les urgentistes, à 5 %.

Premier constat : les médecins interrogés définissent l’excellence en santé par les fondamentaux du soin, bien avant l’innovation technologique. À la question « Dans votre pratique quotidienne, que recouvre en priorité la notion d’excellence en santé ? », 85 % citent la qualité et la sécurité des soins, 64 % le temps médical et la relation patient, 37 % la coordination entre professionnels de santé, 34 % l’innovation et le progrès technologique, et 33 % l’accès équitable aux soins.

L’excellence apparaît donc d’abord comme une exigence clinique, humaine et organisationnelle. Elle repose sur la capacité à soigner correctement, à sécuriser les parcours, à consacrer du temps au patient et à coordonner les prises en charge. L’innovation n’est pas absente des réponses, mais elle arrive derrière ces fondamentaux.

Une excellence jugée impossible par près de sept médecins sur dix

La tension apparaît dès que l’on interroge les conditions d’exercice. À la question « Selon vous, l’excellence des soins est-elle aujourd’hui atteignable dans vos conditions d’exercice actuelles ? », 32 % des médecins répondent oui. Mais seuls 3 % répondent « oui, tout à fait ». À l’inverse, 68 % répondent non, dont 47 % « non, plutôt pas » et 21 % « non, pas du tout ».

Le résultat est lourd : pour près de sept médecins sur dix, l’excellence n’est pas à leur portée dans les conditions actuelles. Le sondage ne décrit donc pas une perte d’ambition ou un recul des standards professionnels, mais un écart entre ce que les médecins considèrent comme nécessaire et ce que leur environnement leur permet réellement d’accomplir.

Ce décrochage est confirmé par un autre chiffre, encore plus net : 83 % des répondants estiment que le système de santé français ne permet plus aux médecins d’exercer leur métier avec le niveau d’exigence qu’ils souhaitent. Seuls 17 % répondent oui, dont 1 % seulement « oui, tout à fait ». Parmi les réponses négatives, 30 % répondent « non, pas du tout ».

Ce résultat est sans doute l’un des plus révélateurs du sondage. Il ne dit pas que les médecins ne veulent plus viser l’excellence. Il dit qu’ils ne se sentent plus en capacité de l’atteindre dans le cadre qui leur est imposé.

Des freins structurels plus qu’individuels

Les freins identifiés par les répondants confirment cette lecture. Interrogés sur les principaux obstacles à l’excellence des soins dans leur pratique, les médecins citent d’abord la pénurie de professionnels de santé, à 58 %, puis l’organisation du système de santé, à 57 %. Viennent ensuite le manque de temps, cité par 51 %, la charge administrative, à 45 %, les contraintes financières, à 44 %, et le manque de reconnaissance du métier, à 23 %.

Le même constat apparaît lorsque les répondants sont interrogés sur les leviers qui auraient le plus d’impact immédiat sur l’excellence des soins. La revalorisation du temps médical arrive en tête, citée par 61 % des médecins. Suivent la réduction de la charge administrative et le renforcement des équipes soignantes, tous deux à 54 %, puis une meilleure coordination ville-hôpital, à 51 %, et la simplification réglementaire, à 31 %.

Les médecins placent le temps médical au centre. Non comme un confort professionnel, mais comme une condition de la qualité, de la sécurité et de la relation patient.

Une excellence de plus en plus conditionnelle selon l’âge et les territoires

Le sondage interrogeait aussi l’égalité d’accès à l’excellence selon l’âge des patients. Les réponses sont particulièrement sévères. À la question « Le système de santé français permet-il aujourd’hui d’atteindre un niveau d’excellence équivalent pour les patients, quel que soit leur âge ? », seuls 9 % des médecins répondent oui, globalement.

À l’inverse, 43 % estiment que certaines générations sont moins bien prises en charge, tandis que 42 % répondent que cela dépend des territoires. 6 % ne se prononcent pas.

Ce résultat fragilise l’idée d’une excellence homogène. Aux yeux des répondants, l’excellence en santé n’est plus garantie de manière égale pour tous : elle dépendrait de l’âge du patient, du territoire, et probablement de la complexité des parcours disponibles localement.

42 % des médecins disent que l’excellence dépend des territoires, la question n’est plus seulement celle de l’accès aux soins, mais celle de la qualité effective de la prise en charge selon le lieu où l’on vit.

La prévention, grande promesse encore empêchée

Autre point de tension : la prévention. Alors qu’elle est régulièrement présentée comme un levier majeur de transformation du système de santé, 77 % des médecins interrogés estiment qu’elle n’occupe pas aujourd’hui une place suffisante dans leur pratique médicale. Seuls 23 % répondent oui.

Les raisons avancées sont d’abord pratiques. 33 % des répondants expliquent cette insuffisance par un manque de temps, et 32 % par un manque de moyens ou d’organisation. 12 % répondent non sans précision supplémentaire.

Les médecins ne rejettent pas la prévention. Ils disent ne pas avoir les conditions nécessaires pour l’intégrer suffisamment dans leur pratique quotidienne.

L’analyse par âge de la vie renforce ce constat. Aucun public n’est jugé correctement couvert en matière de prévention. Pour l’enfance, seuls 20 % des médecins estiment que la prévention est suffisamment intégrée ; 36 % répondent non et 45 % partiellement. Pour l’adolescence, le chiffre tombe à 7 % de réponses positives, contre 56 % de non et 38 % de partiellement. Pour l’adulte, 11 % répondent oui, 51 % non et 38 % partiellement. Pour le grand âge, seuls 6 % répondent oui, contre 55 % non et 39 % partiellement.

Les deux angles morts les plus nets sont donc l’adolescence et le grand âge, c’est-à-dire deux périodes de la vie où les enjeux de prévention, de repérage, de coordination et d’accompagnement sont pourtant majeurs.

L’innovation encore peu décisive dans la pratique

Le sondage apporte aussi un éclairage surprenant sur l’impact réel des innovations dans la pratique quotidienne. À la question « Parmi les innovations suivantes, lesquelles ont déjà amélioré concrètement la qualité de vos soins ? », 43 % des médecins répondent : aucune ou pas d’impact.

Parmi les innovations citées positivement, 36 % mentionnent le DMP ou les outils numériques, 21 % la télémédecine, 20 % l’intelligence artificielle et 14 % les outils d’aide à la décision.

Le résultat est notable. Dans un contexte où l’innovation occupe une place très importante dans les discours sur la transformation du système de santé, près d’un médecin sur deux ne perçoit pas encore d’impact concret dans sa pratique parmi les innovations proposées.

Le chiffre sur l’intelligence artificielle est également à suivre : seuls 20 % des répondants déclarent qu’elle a déjà amélioré concrètement la qualité de leurs soins. Il ne signifie pas nécessairement un rejet de l’IA, mais il mesure un écart entre la visibilité du sujet dans le débat public et son impact aujourd’hui ressenti sur le terrain.

Santé durable : une compatibilité largement admise

Un résultat plus positif concerne l’intégration des enjeux environnementaux dans les soins. À la question de savoir si la sobriété, la réduction des déchets ou l’écoconception sont compatibles avec l’excellence des soins, 79 % des médecins répondent oui, dont 37 % « oui, totalement ». 16 % répondent non et 5 % ne se prononcent pas.

La santé durable n’apparaît donc pas, majoritairement, comme contradictoire avec l’excellence. Elle est perçue comme compatible par près de huit répondants sur dix. Le sondage ne permet pas de dire jusqu’où cette compatibilité se traduit dans les pratiques, mais il montre que l’opposition entre excellence des soins et exigences environnementales n’est pas majoritaire chez les médecins interrogés.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/parmi-les-medecins-de-moins-de-40-ans-en-liberal-les-femmes-sont-largement-majoritaires

Une projection très pessimiste à 10-15 ans

Enfin, les répondants se montrent très pessimistes sur l’évolution du système de santé à moyen terme. À la question « À l’horizon 10-15 ans, pensez-vous que le système de santé français sera en capacité de tenir un engagement d’excellence pour toutes les générations ? », 58 % répondent que non, les tensions vont s’aggraver.

32 % estiment que cela sera possible, mais au prix de transformations profondes. 6 % ne se prononcent pas. Seuls 3 % pensent que le système pourra tenir cet engagement grâce aux évolutions démographiques et organisationnelles en cours.

Ce dernier chiffre est particulièrement faible. Il suggère que les évolutions actuelles ne sont pas perçues comme suffisantes pour garantir l’excellence en santé à moyen terme. Même les répondants les moins pessimistes ne décrivent pas une amélioration spontanée : ils conditionnent la possibilité d’un engagement d’excellence à des transformations profondes.

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