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Troisième pays au monde pour les greffes derrière l’Espagne et les Pays-Bas, la France a fait 6 148 transplantations, davantage qu’en 2024 (+95 greffes) et surtout que le précédent record, atteint en 2017 (+28).
« Bonne nouvelle: on n’a jamais autant greffé », même si « cela ne suffit pas » face aux besoins, a déclaré Marine Jeantet, directrice générale de l’Agence de la biomédecine, lors d’une conférence de presse. D’autant que la progression s’est ralentie et que les résultats sont dans la fourchette basse des trajectoires du Plan ministériel 2022-2026.
Par organes, le rein reste de loin le plus greffé, devant le foie, le coeur, les poumons ou encore le pancréas.
Il y a notamment eu huit greffes réalisées grâce à des dons croisés. Ce système permet à un patient disposant d’un donneur volontaire (souvent un proche) mais incompatible avec lui, d’échanger avec une autre paire donneur-receveur dans la même situation. Concrètement, l'organe d’un premier donneur est transplanté chez un autre malade compatible, tandis que le donneur de ce second patient donne au premier receveur.
« Une grosse organisation qui a alimenté un ballet aérien », a expliqué Benoît Averland, directeur du prélèvement. Pour ce type d'intervention, la logistique est complexe. Le transport rapide d’organes est nécessaire pour coordonner ces interventions simultanées entre différents hôpitaux de France.
En revanche, la part des greffes rénales sur donneur vivant plafonne et reste loin des objectifs, bien que le chiffre pallier des 600 transplantations ait été atteint.
Globalement, 23 294 patients restent en attente de greffe, dont 11 642 immédiatement appelables vu l’urgence de leur situation. Et 966 malades sont décédés en 2025 faute de greffon, sensiblement plus qu’en 2024.
Le rôle crucial de la désinformation et des proches
En France, a encore alerté l’agence, les greffes se heurtent à une opposition croissante au don de proches de personnes en mort encéphalique, au niveau inédit de 37,1 %, très variable selon les régions.
La loi prévoit que chacun est donneur d’organes à sa mort, sauf refus exprimé de son vivant, en s’inscrivant sur le registre des refus ou en informant ses proches.
Si la personne décédée n’était pas dans le registre, les équipes médicales s’assurent auprès des proches qu’elle n’avait pas exprimé une opposition. S’ils ont un doute, les proches peuvent s’opposer au don.
« Les inscriptions au registre national des refus ont encore augmenté en 2025, généralement après des pics de circulation de fake news », comme des prélèvements sur des personnes pas décédées, selon Benoît Averland.
En outre, « l’engagement des 18-25 ans recule, sans doute lié à des idées fausses sur les réseaux sociaux : il faut leur redonner confiance », a insisté Marine Jeantet.
L’Agence de la biomédecine entend orchestrer « une mobilisation générale » : formation accrue de soignants, lutte contre la désinformation, pédagogie auprès des religions...
Avec AFP
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