Praticiens diplômés hors UE : « On va sortir un peu de l’exploitation »

Le décret prévoyant le nouveau statut de praticien associé a été publié au JO le 1er avril 2021. Pour le Dr Salem Ould Zeim, représentant des médecins PADHUE*, si la rémunération est « correcte », sans plus, deux points doivent être revus : la participation des praticiens (même seniors !) aux tours de gardes des internes et l’absence de congé de formation.

WUD : Que prévoit ce nouveau statut ?
Dr Salem Ould Zein : La loi de 2019 (lire cet article) commençait à ébaucher ce nouveau statut. A partir de fin 2022, il va remplacer les statuts de praticien associé et assistant associé. Nous avons obtenu gain de cause sur le retrait du libellé « praticien associé d’intégration », initialement envisagé par le ministère, mais qui ne correspondait pas du tout au vécu des praticiens exerçant depuis des années déjà dans les hôpitaux français et qui sont parfaitement intégrés ! Calé sur celui des internes, ce statut prévoit un exercice sous délégation directe du praticien responsable du service. Il est prévu pour remplacer les parcours de consolidation des connaissances : après les épreuves de vérification des connaissances, les médecins devront exercer deux années sous ce statut.

WUD : Etes-vous satisfait de la nouvelle grille de rémunération ?
SOZ : Disons que c’est correct, au vu des autres statuts et échelons, mais on ne peut pas dire qu’il y ait une augmentation. La nouvelle grille favorise les médecins qui débutent, mais pénalise ceux qui travaillent depuis longtemps dans les hôpitaux français. Le 1er échelon de notre nouveau statut correspond au 3ème échelon de praticien attaché, soit 34 863€ brut ; le 2ème échelon correspond au 4ème échelon de praticien attaché, soit 39 396€. Pour tenir compte de l’ancienneté, nous avons demandé et obtenu une indemnité différentielle, correspondant au salaire habituel du médecin moins le salaire de 1er échelon, sans dépasser le 2ème échelon de PH.

 

WUD : Quels sont vos points de désaccord ?
SOZ : Le premier point essentiel est que ce statut ne prévoit pas de congé de formation, alors que nos statuts antérieurs en prévoyaient. Nous pensons que ce n’est pas légal et attaquable devant le conseil d’Etat. Deuxième point : le décret prévoit la participation des praticiens associés à la liste de garde et d’astreinte des internes. Mais comme nous l’avons signalé, c’est incohérent, car un certain nombre des futurs praticiens associés sont déjà des médecins seniors et assurent des gardes de chef ! Il y a là une véritable régression et un problème de baisse de rémunération pour ces médecins. Il faut corriger cela.

 

WUD : Qu’est ce qui change au niveau des affectations ?
SOZ : A partir de 2022, après les épreuves de vérification des connaissances, il y aura un choix de postes ouverts aux praticiens associés, comme pour les internes. Ils seront affectés dans des services de leur choix, sans doute vers des postes plus universitaires, sans avoir à envoyer 10 000 lettres… C’est une bonne chose. Cela va nous permettre d’arrêter de boucher les trous dans les services et de sortir un peu de cette exploitation consistant à faire appel à nous quand tel service est débordé et à nous remercier ensuite.  

*praticiens diplômés hors Union européenne

Portrait de Sophie Cousin

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