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Selon une enquête de La Croix, l’homme, ancien membre des Béatitudes entre 1975 et 2010, a été définitivement condamné en janvier 2026 par le Tribunal de la Signature apostolique du Vatican pour des abus sexuels commis au sein de cette communauté religieuse du sud de la France.
Exclu des Béatitudes en 2010, il s’était installé la même année en Vendée comme médecin généraliste et homéopathe, exerçant à La Roche-sur-Yon pendant douze ans.
Non-lieu au pénal
Dès mai 2010, une information judiciaire pour viol par personne ayant autorité avait été ouverte. Huit femmes ayant côtoyé l’ancien diacre dans la communauté avaient dénoncé des violences sexuelles.
En 2016, il avait été mis en examen et renvoyé devant la cour d’assises. Mais la chambre de l’instruction avait prononcé un non-lieu en 2018, estimant que l’élément intentionnel – notamment la surprise ou la contrainte – n’était pas suffisamment caractérisé. La Cour de cassation avait confirmé cette décision en 2019.
L’Ordre des médecins de Vendée affirme n’avoir jamais été informé ni de la procédure pénale ni de la procédure canonique.
« On aurait dû le savoir pour appliquer le principe de précaution et demander sa suspension à l’Agence régionale de santé. La justice ne nous a pas informés », déclare Michel Malinet, président du conseil départemental de l’Ordre des médecins de Vendée, cité par le quotidien.
Condamné par l’Église
Si la justice pénale a mis l’ancien médecin hors de cause, la justice canonique l’a, elle, définitivement condamné en janvier 2026, après épuisement des voies de recours internes à l’Église.
« Pendant des années, on a dénoncé les agissements de cet homme qui avait encore pignon sur rue en Vendée. Il aurait dû être mis à l’écart de toute victime potentielle depuis bien longtemps », réagit Dominique Hubert, présidente de l’Adfi Nantes (association de défense des familles et de l’individu victimes de sectes), cité par Ouest-France.
Par ailleurs, l’ancien praticien avait déjà été condamné en novembre 2014 par le tribunal correctionnel de La Roche-sur-Yon à un an de prison avec sursis pour escroqueries, notamment des fausses factures. En septembre 2016, la chambre disciplinaire régionale de l’Ordre des médecins lui avait infligé six mois d’interdiction d’exercer avec sursis — sans qu’il soit alors question de faits à caractère sexuel.
Aujourd’hui retraité et sans activité depuis juillet 2022, il n’est plus autorisé qu’à prescrire pour lui-même et sa famille.
« C’est une bonne chose pour les victimes qu’elles soient enfin reconnues, même si ce n’est pas par la justice pénale », estime Dominique Hubert.
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