Formindep 2021 : L’indépendance des facultés se fait attendre

Nouvelle édition, et nouveaux résultats mitigés. D’après le classement FormIndep 2021, une seule faculté, celle de Lyon Est, atteindrait la moyenne en matière d’indépendance par rapport aux firmes pharmaceutiques.

« Le chemin vers l’indépendance est encore long ». C’est par ces mots, d’abord prononcés en 2017 par le doyen de la faculté de Lyon Est, que l’association Formindep a décidé de commencer la présentation des résultats de son classement 2021. « Malheureusement, il n’y a pas eu de volonté de s’emparer de ce sujet et de transformer en profondeur les cursus pour répondre à ces enjeux », déplore Paul Scheffer, vice-président de ce collectif qui milite pour « une formation et une information médicale indépendante ». 

Le changement, ce n’est pas maintenant

C’est en 2017 que la première édition de ce classement a vu le jour. Un petit évènement qui avait poussé les conférences nationales des doyens des facultés de médecine et d’odontologie à rédiger une charte éthique et déontologique. « C’était une avancée majeure, une réponse nationale ! », se félicite encore Paul Scheffer. Depuis, FormIndep, avec l’aide des organisations étudiantes ANEMF et ISNAR-IMG, s’attache à mesurer la mise en place de ces nombreux engagements. Et malheureusement, le constat est plus que mitigé. « L’indépendance n’est pas une priorité », commente le vice-président.

Pour cette troisième édition, une seule faculté de médecine, Lyon Est, obtient la moyenne avec un record de 18 points sur les 34 possibles. « Viennent ensuite 11 facultés ayant entre 10 et 14 points pour les scores les plus élevés, ce qui correspond globalement aux scores du classement 2018 », note FormIndep. Des résultats bas qui se cristallisent autour de six critères délaissés par les facultés. « Diffusion de la charte, déclarations publiques d’intérêt des instances de gouvernance d’une part, et des enseignants d’autre part, transparence des financements, promotions de la charte dans les autres lieux de formation, rédaction d’une politique de sanction en cas de manquement, enseignements pour le 3e cycle hors médecine générale », énumère l’association.

Des avancées à nuancer

Malgré ces résultats, quelques avancées sont tout de même à souligner. « Un référent à l’intégrité scientifique a été désigné dans la majorité des facultés », note le collectif. Un bon point qui s’accompagne d’un autre puisqu’une commission de déontologie a été créé dans la grande majorité des établissements. Pour autant, ces évolutions positives sont à nuancer. « Certaines des [commissions de déontologie] n’ont jamais ou très peu siégé depuis leur mise en place pouvant remonter à plusieurs années », indique FormIndep. Et de préciser : « Quand les commissions siègent, le sujet de la charte et de l’indépendance n’est le plus souvent pas abordé, voire rejeté. […] Pour les rares commissions s’occupant de la charte, le seul examen du cumul des activités des enseignants a pris la majorité du temps de réunion ».

Un bilan contrasté qui ne fait pourtant pas perdre espoir à Paul Scheffer.  « Ce qui est encourageant, ce sont les étudiants », note-t-il. Et pour cause, ces derniers se sentiraient de plus en plus impliqués par cette problématique cruciale. « L’ANEMF ou encore l’ISNAR-IMG parviennent à organiser leurs congrès sans aucun partenaire industriel ! », poursuit le vice-président, qui espère voir leurs aînés s’inspirer de leurs pratiques. « Le changement viendra peut-être des étudiants », espère-t-il.

Portrait de Julia Neuville

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