Après les paroles d'Olivier Véran, étudiants et internes attendent les actes

Le 18 mai à 20h, Olivier Véran s’est exprimé lors d’une visioconférence en direct avec les étudiants en santé et internes, pour répondre à leurs questions, dans un contexte de souffrance étudiante.

La visioconférence est intitulée « Echange avec Olivier Véran ». Mardi 18 mai à 20h, le ministre de la Santé était en direct au côté de Mamadou Ndoye, vice-président en charge des affaires de santé à la Fédération des Associations Générales Etudiantes. Au programme, un échange avec étudiants de toutes les filières santé ainsi que les internes.

Et en toile de fond, un épuisement et un besoin d’action urgent. Avant même que la conférence ne commence, sur Twitter, on sent un certain scepticisme. Ce qui fait grincer certaines dents, c’est la plateforme où l’on peut poser ses questions, et donc, le tri que cela sous-entend.

L’échange est précédé de la publication d’un communiqué ministériel, relayé via le compte Twitter d’Olivier Véran.

D'ores et déjà le ton est donné. On peut se douter que ce qui sera dit ne sera ni un désaveu du gouvernement, ni une révolution de la face du monde de la santé. Il s’agirait plutôt d’une volonté de dire « je vous entends », face à un situation qui vole en éclat et dont les principaux acteurs sont également les victimes.

Le ministre entame d’abord sur une année si particulière. « Depuis un an et demi, ce que nous vivons est hors norme. Vous n’êtes pas des étudiants comme les autres, vous êtes des étudiants en première ligne. La crise a bouleversé le quotidien ».

Il revient notamment sur les aides débloquées pour tendre la main aux étudiants et internes en souffrance. « Ont-elles été suffisantes ? En tous cas elles étaient nécessaires », admet le ministre.

Concernant les situations de harcèlements, d’agressions et de burnout, Olivier Véran s’est annoncé sévère. Des sanctions financières seront possibles en cas de non-respect des limites du temps de travail et il prévoit la mise en place d’une formation pour détecter les premiers signaux de détresse ainsi que le recrutement de psychologue dans les services de santé et les CROUS.

Questionné par l’ISNI sur les engagements pour lutter contre les risques psycho-sociaux, Olivier Véran a énoncé quelques pistes : respecter du temps de travail, éviter les situations de harcèlement, renforcer la place de la médecine du travail. Avant d’ajouter : « Il faut rappeler les bonnes conduites auprès des encadrants. Dépister l’intolérable et le sanctionner. Les choses évolueront quand on verra le sérieux des sanctions ».

Du côté des réformes, le ministre défend, sans grande surprise, la position gouvernementale. « Il n’y a pas de génération sacrifiée, les années de transition sont toujours angoissantes pour ceux qui les vivent », répond Olivier Véran, questionné par une étudiante en PASS. « Mais c'est une bonne réforme ». Pour celle du 2ème cycle, il rappelle le report d’un an du calendrier, mais félicite une réforme qui « reconnait le parcours d’un étudiant plutôt que de le sanctionner sur quelques jours de concours ou un dossier. C’est une plus-value pour les étudiants, moins stressant que les concours couperet, on veut sortir de l’esprit de bachotage ».

Et pour la rentrée prochaine ? « Il ne faut pas relâcher les gestes barrières, retrouver de la vie, faire attention aux nouveaux variants, vacciner massivement. Nous allons tout faire pour offrir aux étudiants une année normale à la rentrée.  »

Portrait de Constance Maria

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