Insulte et harcèlement, enquête après une campagne antivax contre l’hôpital de Valenciennes

Insultes à l'hôpital de Valenciennes

Une enquête a été ouverte après une campagne antivax contre l’hôpital et le centre de vaccination de Valenciennes, cibles de messages malveillants et dont les standards ont été saturés, a indiqué mercredi le parquet de Guéret à l’AFP.

Contacté par l'AFP, l'hôpital a confirmé le dépôt d'une plainte, mais refusé de s'exprimer davantage.

Un infirmier libéral, Rémi Kasprzyk, un des coordinateurs du centre de vaccination, lié à l'hôpital, a aussi déposé plainte pour menaces et diffamation.

Ces plaintes font suite à la diffusion mi-décembre de vidéos --toujours en ligne-- d'une ex figure des "gilets jaunes", dont le domicile dépend de l'arrondissement judiciaire de Guéret (Creuse).

Cet homme s'y emporte contre une campagne du centre hospitalier pour la vaccination des enfants qui promettait des "cadeaux par le père Noël".

"C’est une honte absolue", raconte le militant, qui a plus de 300.000 abonnés sur Facebook (réseau social qui lui-même s’est engagé pour la vaccination). "Si on laisse faire ce genre de choses, les enfants sont sacrifiés."

Il invite sa communauté à commenter "par milliers" un post Facebook de l'hôpital : plus de 4.700 commentaires, parfois haineux, avaient été postés mercredi.

Le militant demande aussi “d'appeler le service communication de l'hôpital" et même de s'y "déplacer". "Je me fiche des répercussions", explique-t-il. "Ce que je veux, c’est que cet hôpital (...) assume de prendre la rafale qu’il doit prendre."

"Quand il faudra payer, on sera là et on connaîtra vos noms et vos prénoms", lance-t-il encore.

Le Dr Jacques Franzoni, coordinateur du centre de vaccination, a affirmé à l'AFP que le standard avait reçu "plusieurs centaines d'appels" dans la semaine qui a suivi ces vidéos. "Le secrétariat se faisait harceler", notamment par "six ou sept numéros", toujours les mêmes, a-t-il ajouté.

"Le centre de vaccination, vous ne pouviez plus le joindre", assure Rémi Kasprzyk à l'AFP.

L'infirmier est nommément cité, et sa photo affichée, dans une des vidéos, dans laquelle il se fait traiter de "salopard" avec "une tête de pervers". L'activiste lui reproche notamment d'être président d'un comité de soutien à Emmanuel Macron.

"On ne peut pas manipuler des enfants avec des sucettes, des bonbons comme un pédophile", déclare aussi le militant.

Contacté par l'AFP, son avocat, Me Carlo Alberto Brusa, n'a pas souhaité "faire de commentaire".

L'avocat de M. Kasprzyk, Me Loïc Ruol, a lui dénoncé "des propos graves, outrageants, qui dépassent ce que l'on peut dire dans une démocratie".

Par AFP

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