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« Nous souhaitons une procédure de sauvegarde, dans l'intérêt des salariés », a indiqué à l'AFP Benjamin Vitel, secrétaire national à la CFDT Santé sociaux. « C'est pour nous la meilleure solution (...) pour sauver l'entreprise, les emplois et les salaires », alors que les salariés « se retrouvent dans une situation totalement anxiogène. »
L'association a payé avec retard les salaires de janvier, ont reconnu ses dirigeants dans des échanges par vidéo organisés pour la presse et auxquels participaient des salariés.
Elle doit également 4,2 millions d'euros à l'Urssaf, selon l'Assurance maladie.
Asalée est depuis des mois en conflit ouvert avec les pouvoirs publics et la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), son unique financeur à hauteur de 100 millions par an.
Bras de fer avec l'Assurance maladie
En juillet dernier, le gouvernement avait demandé « instamment » à l'association de « remettre en ordre sa gestion et son organisation », après un rapport particulièrement sévère de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas).
L'Assurance maladie avait repris son financement, mais les relations se sont à nouveau dégradées et elle n'a rien versé depuis décembre.
« Plus de six mois après la remise du rapport de l'Igas, nous ne pouvons que constater que l'association n’est pas à jour du paiement de ses cotisations sociales, ne s'est pas mise en situation de respecter les règles élémentaires de la commande publique comme celles liées à la prévention des conflits d’intérêts », a indiqué dans un courrier à l'association, fin janvier, le directeur général de la Cnam Thomas Fatôme.
Pour la CFDT, une procédure de sauvegarde permettait à un administrateur judiciaire de reprendre en main la gestion de l'association.
« Nous avons un souci de longue date avec la gouvernance actuelle d'Asalée et son attitude avec les représentants du personnel CFDT », a indiqué Benjamin Vitel. « Personne n'est indispensable chez Asalée, sauf les 2 081 infirmières salariées », selon lui.
Gouvernance contestée
De son côté, la direction d'Asalée se dit victime d'une stratégie délibérée des pouvoirs publics pour reprendre le contrôle sur une association « issue du terrain ».
« Nous ferons tout ce qu'il faut pour que les salariés soient payés » en février, « pour que la gouvernance reste aux mains des professionnels, et que notre association ne tombe pas entre les mains d'acteurs financiers », a déclaré à l'AFP la docteure Margot Bayart, présidente d'Asalée.
Les infirmières Asalée travaillent aux côtés de médecins libéraux pour suivre les patients atteints de pathologies chroniques : diabète, troubles cardiaques, asthme, troubles du sommeil.
Avec leurs consultations spécialisées, elles peuvent détailler les traitements, donner des conseils ou répondre aux questions. Salariées, elles peuvent consacrer plus de temps à leurs patients que les infirmières libérales rémunérées à l'acte.
Dans le chat video suivi par l'AFP, plusieurs infirmières ont exprimé leur inquiétude sur le paiement de leur salaires et plusieurs ont témoigné de leur attachement à leur activité.
Une nouvelle conférence de presse vidéo est prévu aujourd'hui à 12h30 par la présidente d'Asalée, Margot Bayart, pour faire un nouveau point sur cette affaire.
Avec AFP
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