© Midjourney x What's up Doc
Accès aux soins : 4 Français sur 10 en difficulté, plus d’un tiers en « désert médical »
40 % des Français déclarent qu’il est difficile d’accéder à des soins là où ils vivent. Cette proportion dépasse la moitié dans les communes rurales (53 %) et dans les agglomérations de moins de 20 000 habitants (52 %).
36 % des répondants estiment vivre dans un « désert médical », traduisant une appropriation massive de cette notion par la population, indépendamment des zonages administratifs.
Généralistes et spécialistes : la tension se concentre sur l’accès aux spécialistes
47 % des Français jugent difficile l’accès à un médecin généraliste à proximité de leur domicile.
La situation est nettement plus tendue pour les spécialistes : 63 % estiment leur accès difficile, dont 24 % très difficile.
Par spécialité, les difficultés d’accès perçues concernent en premier lieu la dermatologie (71 %), suivie de l’ophtalmologie (59 %) et de la cardiologie (57 %).
Renoncement aux soins : un phénomène massif, tiré par les délais
81 % des Français déclarent avoir renoncé à consulter au moins une fois au cours des douze derniers mois.
Les principales raisons évoquées sont :
– des délais d’attente jugés trop longs (65 %)
– l’absence de spécialistes à proximité (60 %, jusqu’à 70 % en zone rurale)
– des coûts trop élevés ou des remboursements insuffisants (47 %)
Le renoncement apparaît ainsi moins comme un choix que comme une stratégie d’adaptation à une offre de soins perçue comme saturée.
Santé et municipales : une attente forte vis-à-vis des communes, une action jugée insuffisante
70 % des Français estiment que leur commune a un rôle à jouer en matière de santé et d’accès aux soins, dont 27 % lui attribuent un rôle central.
Dans les faits, seuls 42 % considèrent que leur commune agit réellement pour améliorer l’accès aux soins. 31 % estiment qu’elle n’agit pas, et 27 % déclarent ne pas savoir.
Concernant l’évolution récente de la situation locale, 34 % jugent que l’accès aux soins s’est détérioré, tandis que 41 % estiment qu’il n’a pas évolué.
Prévention : un levier identifié mais peu incarné
64 % des Français considèrent que la commune a un rôle à jouer en matière de prévention.
Seuls 37 % estiment toutefois qu’elle agit réellement dans ce domaine. Les autres jugent l’action insuffisante ou inexistante, ou ne parviennent pas à se prononcer.
Hôpital public : un attachement massif malgré la crise
71 % des Français se déclarent attachés à l’hôpital public et à son modèle.
Dans ce contexte, l’hôpital public demeure central dans la prise en charge, assurant notamment la majorité des accouchements et l’essentiel des passages aux urgences. Pour les acteurs hospitaliers, ces chiffres constituent un signal d’alerte majeur sur la soutenabilité du système et les risques d’une dégradation prolongée de l’accès aux soins.