© Midjourney X What's up Doc
L’enquête met en lumière les moments de décrochage, leurs causes, et surtout les leviers possibles pour renforcer l’accompagnement et faire évoluer les parcours de soins.
« Quand un patient décroche de son traitement, ce n’est pas un refus de se soigner. C’est souvent le signe que le traitement devient difficile à faire tenir dans la vie quotidienne », souligne le Pr Gérard Friedlander, délégué général de la Fondation Université Paris Cité et membre du comité scientifique de MedInTechs.
« Comprendre ces moments de décrochage est essentiel pour mieux accompagner les patients », ajoute-t-il.
La moitié des Français déclare suivre un traitement médicamenteux régulier. Parmi eux, plus d’un tiers est traité depuis plus de six mois et près d’un sur trois suit un traitement à vie.
Cette réalité concerne toutes les générations. Un patient sur huit sous traitement de longue durée a moins de 35 ans, « rappelant que l’observance médicamenteuse ne concerne pas uniquement les personnes âgées, » précise le rapport.
Suivre un traitement dans la durée ne se résume pas à prendre un médicament. Il s’agit de l’intégrer dans son quotidien, de s’adapter en permanence et « de trouver un équilibre compatible avec sa vie personnelle, sociale et professionnelle. »
Une fatigue plus qu’un désengagement
Selon l’étude, 42 % des patients sous traitement de longue durée déclarent avoir déjà oublié ou interrompu une prise au cours des douze derniers mois.
La majorité de ces patients exprime une fatigue face à la nécessité de « tenir » le traitement dans le temps. Beaucoup déclarent également avoir ressenti de la culpabilité ou de l’anxiété après un oubli.
Aussi, « près d’un patient sur deux reconnaît avoir déjà adapté son traitement de lui-même, en ajustant les doses, en espaçant les prises ou en faisant une pause, sans en parler à un professionnel de santé ».
Au-delà des oublis ponctuels, l’étude met en évidence « une charge organisationnelle et émotionnelle importante liée aux traitements de longue durée ».
40% estiment que leur traitement structure fortement leur journée, et 39% ressentent un décalage entre ce que le système de soins attend d’eux et ce qu’ils parviennent réellement à faire au quotidien.
Des solutions simples
L’étude montre que les patients confrontés à ces difficultés ne sont pas moins engagés dans leur suivi. Au contraire, ils expriment des attentes très concrètes pour mieux vivre leur traitement au quotidien.
Parmi ceux ayant déjà oublié une prise, 67% estiment que des traitements plus simples à suivre faciliteraient leur vie, bien avant des solutions technologiques sophistiquées.
Dans les faits, les outils existants restent peu utilisés. Moins d’un tiers des patients recourt à un pilulier, 12% utilise des rappels sur téléphone et seuls 4% déclarent utiliser une application de santé dédiée.
Ces résultats confirment que « l’efficacité des solutions repose avant tout sur leur simplicité, leur lisibilité et leur capacité à s’intégrer naturellement dans la vie réelle des patients, en associant technologie et accompagnement humain. »
Une charge encore plus lourde pour les femmes
L’étude OpinionWay pour MedInTechs met en évidence des écarts significatifs entre femmes et hommes dans le vécu des traitements de longue durée. Les femmes déclarent plus souvent avoir déjà oublié ou interrompu une prise.
Elles sont également plus nombreuses à se dire fatiguées de devoir tenir leur traitement dans la durée et à ressentir de la culpabilité ou de l’anxiété après un oubli.
Elles expriment enfin plus fréquemment le sentiment que leur traitement dicte l’organisation de leur journée.
Les femmes ne sont pas moins engagées dans leur suivi médical, mais davantage exposées à la charge mentale et organisationnelle liée aux traitements pris sur le long terme.