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L’Aide médicale d’État, qui permet aux étrangers en situation irrégulière et aux faibles revenus d’avoir leurs soins de santé pris en charge, « est, contrairement à ce qu’avance le RN, absolument indispensable d’un point de vue sanitaire. Il faut donc le conserver » mais aussi « le réformer », affirme le Premier ministre dans un entretien à la presse quotidienne régionale mis en ligne en fin de semaine.
Le premier décret « renforce la lutte contre la fraude » dans les dossiers déposés, « avec des perspectives d’économies de 180 millions d’euros », et le deuxième « modernise les systèmes informatiques de l’État afin que tous les fonctionnaires (des consulats notamment, ndlr) en charge du dossier puissent y avoir accès », développe Sébastien Lecornu.
Panier de soins en suspens
Il estime qu’il « faudra sans doute » réformer le « panier de soins » auxquels ont droit les immigrés sans papiers avec l’AME. « Mais à ce stade, les choses ne sont pas prêtes ».
La patronne du Rassemblement national Marine Le Pen a accusé le Premier ministre d’« aggrave(r) un des facteurs d’attractivité migratoire » en « refusant de remettre en cause l’AME ».
« Les Français dont le reste à charge ne cesse d’augmenter, n’acceptent plus ces dispositifs insensés, tels que les titres de séjour pour soins », a ajouté la cheffe de file de l’extrême droite dans un message publié dimanche sur X.
Intégrer l'IA
Sébastien Lecornu avait reçu, peu après son arrivée à Matignon en septembre, les auteurs d’un rapport de 2023 sur l’Aide médicale d’État.
Ces auteurs, l’ancien ministre socialiste Claude Evin et le haut-fonctionnaire Les Républicains Patrick Stefanini, défendaient globalement l’AME mais préconisaient quelques adaptations concernant la liste des prestations à ne plus accorder automatiquement ou la prise en compte des ressources du foyer du demandeur pour y avoir accès.
Pour aider les préfectures à traiter les demandes en matière migratoire, il dit par ailleurs avoir demandé à ses ministres Laurent Nuñez (Intérieur) et David Amiel (Fonction publique) de « développer une application d’intelligence artificielle pour accélérer le traitement des titres de séjour et soulager le travail (des) agents ».
Cinq préfectures seront « pilotes » en 2026, notamment en Ile-de-France et dans les Hauts-de-France, et « une généralisation est prévue pour 2027 ».
Avec AFP