« Un management par la menace et la terreur » : Le directeur d'un CH alsacien condamné pour harcèlement moral

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L’ancien directeur du Centre hospitalier de Sélestat-Obernai (Bas-Rhin) a été condamné ce vendredi par le tribunal correctionnel de Colmar à un an de prison avec sursis pour harcèlement moral.

« Un management par la menace et la terreur » : Le directeur d'un CH alsacien condamné pour harcèlement moral

© Midjourney x What's up Doc

 

Manuel Klein a été reconnu coupable de l’ensemble des faits qui lui étaient reprochés, c’est-à-dire harcèlement moral sur huit salariés. Il a été condamné à un an d’emprisonnement avec sursis simple, cinq ans d’interdiction d’exercer les fonctions de directeur d’hôpital.

Pour Didier Clamer, conseil de l’ancien directeur, c’est un « jugement en demi-teinte ». L'avocat a relevé que les sanctions prononcées sont « très en deçà » des réquisitions : un an avec sursis probatoire et mise à l’épreuve pendant deux ans et cinq ans d’interdiction complète d’exercice dans la fonction publique.

Son client « peut continuer à exercer dans la fonction publique, ce qui lui est interdit, c’est de redevenir chef d’établissement, donc directeur d’un hôpital », souligne-t-il.

Manuel Klein est actuellement directeur adjoint chargé des finances au centre hospitalier de Lorquin, en Moselle.

Management par la terreur

Didier Clamer a cependant regretté que le tribunal « n’ait pas fait de distinction entre les différentes plaintes », estimant que « les huit plaignants et plaignantes n’étaient pas tous sur le même plan, et il y a certaines plaintes qui pouvaient apparaître comme pertinentes et d’autres pas du tout ».

L’avocat avait par ailleurs soulevé la nullité de la garde à vue de Manuel Klein, ce qu’a écarté le tribunal. Il compte interjeter appel à titre conservatoire.

En mai 2023, Cédric Demagny, avocat de deux agents hospitaliers qui avaient déposé plainte, avait dénoncé un « management par la menace et la terreur », qui consistait pour le directeur de l’hôpital à « pourrir la vie des agents qu’il a pris en grippe pour les pousser à la démission sans avoir à passer par des procédures disciplinaires ».

« Les victimes de harcèlement ont beaucoup de mal à se reconstruire mais au-delà, il y a la perte par l’hôpital de personnels dévoués et très engagés. C’est un drame personnel et collectif », a commenté ce vendredi Christelle Mazza, avocate de salariés.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/harcelement-moral-la-principale-cause-de-la-souffrance-lhopital

Christelle Mazza a dit espérer « une meilleure prise de conscience » car « il y a urgence ».

Avec AFP

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