Affaire Péchier : la cour examine cette semaine sa demande de remise en liberté

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La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon examine mercredi la demande de remise en liberté de l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier, qui a fait appel de sa condamnation pour l'empoisonnement de 30 patients et continue de clamer son innocence.

Affaire Péchier : la cour examine cette semaine sa demande de remise en liberté

© Midjourney X What's up Doc

L'ancien médecin de 54 ans a déposé cette demande dès qu'il a été condamné, le 18 décembre, à la réclusion criminelle à perpétuité avec une peine de sûreté de 22 ans. Il espère recouvrer la liberté dans l'attente de son procès en appel.

Lui qui n'avait jamais été incarcéré pendant l'instruction a comparu libre pendant son procès, une situation exceptionnelle au vu des charges qui pesaient contre lui.

Après huit ans d'instruction, et trois mois et demi d'audiences, Frédéric Péchier a été reconnu coupable de l'ensemble des faits qui lui étaient reprochés (30 empoisonnements, dont 12 mortels), et condamné à la peine maximale encourue.

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Selon son avocat Randall Schwerdorffer, le médecin sera extrait de sa cellule de la maison d'arrêt de Besançon, et présent lors de cette audience publique.

Randall Schwerdorffer, qui le défendra avec Ornella Spatafora, compte demander qu'il soit remis en liberté sous contrôle judiciaire. L'ex-praticien pourrait aussi être assigné à résidence sous bracelet électronique.

La décision pourra être rendue dans la journée, ou mise en délibéré.

Une liberté sous conditions

Depuis sa mise en examen début 2017, l'ancien médecin avait été placé sous contrôle judiciaire puis contraint de quitter Besançon pour vivre chez ses parents à Poitiers.

Selon une source judiciaire, le ministère public va requérir son maintien en détention afin d'éviter tout risque de suicide, de fuite, de pression sur les témoins et parce que sa remise en liberté troublerait l'ordre public.

« On ne peut pas envisager que Péchier se balade comme ça tranquillement, libre, dans Besançon et continue à toiser les victimes », estime Frédéric Berna, avocat de plusieurs parties civiles. Le maintien en détention se justifie « ne serait-ce que pour s'assurer de sa présence au procès en appel et pour le protéger, lui », considère-t-il.

L'ancien médecin a tenté deux fois de mettre fin à ses jours dans le passé, en 2014 et 2021.

Un procès hors norme

À l'issue d'un procès chargé en émotion, l'ex-anesthésiste avait été reconnu coupable d'avoir pollué des poches de perfusion avec différents produits pour provoquer un arrêt cardiaque ou des hémorragies chez des patients opérés par des confrères, afin de nuire à des soignants avec lesquels il était en conflit.

Ces empoisonnements ont été commis entre 2008 et 2017 à la clinique Saint-Vincent à Besançon et à la polyclinique de Franche-Comté. La plus jeune victime avait quatre ans et la plus âgée 89 ans.

Si Frédéric Péchier a admis, au cours de son procès, qu'un empoisonneur avait bien sévi dans l'une des deux cliniques privées où il a travaillé, il a constamment clamé son innocence et compte la démontrer en appel.

Le lieu et la date du nouveau procès ne sont pas encore fixés. Le grand nombre de parties civiles — près de 200 — complique son organisation.

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La cour d'appel de Besançon a donc demandé une dérogation pour que ce dossier hors norme soit jugé dans la même ville qu'en première instance, ce qui n'est pas prévu par les textes.

Frédéric Berna souhaite qu'« exceptionnellement » Frédéric Péchier soit rejugé à Besançon « pour que les magistrats du parquet général qui connaissent le dossier puissent à nouveau soutenir l'accusation » et qu'un maximum de parties civiles puissent y assister.

De leur côté, les avocats de l'ancien médecin préfèrent qu'il soit jugé à Paris ou à Lyon. « Nous estimons qu'il ne peut pas y avoir de procès équitable à Besançon », explique Randall Schwerdorffer.

Il reviendra à la Cour de cassation de trancher.

Avec AFP

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