© Affiche de campagne Ordre des infirmiers
Quatre phrases choc sur des photographies sombres, un slogan : « STOP. Et c’est puni par la loi ». Quatre visuels, inspirés des résultats d’une consultation auprès de 21 000 infirmiers en 2024, sont diffusés via les lieux d’exercice et les réseaux sociaux.
« Un homme infirmier sur quatre est victime de violences sexistes et sexuelles », « une étudiante infirmière sur quatre subit des comportements sexistes ou des violences sexuelles durant sa formation initiale », alertent aussi deux affiches, montrant que ces violences « touchent massivement » les 600 000 infirmiers français, a souligné Samira Ahayan, secrétaire générale de l’Ordre, lors d’une conférence de presse.
Elle a rappelé qu’un tiers des infirmières « se sentent en insécurité » au travail, que « 12 % vont changer de secteur ou mode d’exercice » après des violences, mais que seulement 2 % des victimes déposent plainte.
« Victime ou témoin ? » : un QR code renvoie vers une page regroupant les « informations essentielles » – numéros d’urgence, procédures de signalement, contacts des « référents violences ».
Le nombre de signalements progresse : 904 en 2025, contre 599 en 2023 enregistrés par l’Observatoire de la sécurité des infirmiers.
Lorsqu’une victime effectue un signalement, l’Ordre des infirmiers propose un « accompagnement de pair à pair » par l’un de ses 136 « référents violences », formés notamment par la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences.
Mieux protéger sur le terrain
Pour « protéger » les infirmières, notamment celles intervenant à domicile, leur Ordre souhaite « généraliser » les conventions territoriales avec la police et la justice.
Il souhaite aussi les dispositifs d’alerte, comme celui, expérimenté en Meurthe-et-Moselle, permettant de communiquer le numéro de téléphone des professionnels aux forces de l’ordre pour prioriser leurs appels, selon le président de l’Ordre Alain Desbouchages.
Autre proposition : une évolution du code de déontologie afin qu’une infirmière agressée chez un malade puisse « se retirer » des soins.
La loi Pradal, adoptée en juillet, a alourdi les sanctions pénales en cas d’agression d’un soignant, y compris au domicile du patient, et permis aux établissements de santé et à l’Ordre de déposer plainte pour la victime. Un décret doit cependant encore « préciser pour les professions sans ordre quel est l’acteur légitime », a indiqué un représentant de la Direction générale de l’Offre de soins.
Le ministère de la Santé veut aussi permettre « un contrôle régulier » par les ordres professionnels du fichier des auteurs d’infractions sexuelles et cherche « un vecteur législatif », a-t-il précisé.
Avec AFP
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