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Avant le Covid, entre 16 % et 18 % des travailleurs se déclaraient en mauvaise santé mentale, selon Santé publique France.
Selon l’enquête Ipsos publiée jeudi, 19 % des travailleurs qualifient leur santé mentale de « mauvaise » et 3 % de « très mauvaise », soit 22 % en tout, alors que l’an dernier, ils étaient 25 % en cumulant les deux réponses, et 26 % en 2024.
Même si près de six millions de travailleurs s’estiment encore en mauvaise santé mentale en France, cette évolution « constitue une bonne nouvelle, tout en s’inscrivant dans une trajectoire attendue : les niveaux observés ces dernières années demeuraient particulièrement élevés au regard de la période pré-Covid-19 », commente Qualisocial, cabinet spécialiste de la santé mentale au travail.
« Si la dynamique actuelle se poursuit, un retour aux niveaux pré-Covid-19 apparaît envisageable à l’horizon 2030 », prévoit le cabinet.
Différences selon le genre, et les secteurs
D’un secteur à l’autre, les tendances divergent, l’industrie et la logistique connaissant des reculs marqués de la santé mentale des salariés, tandis qu’elle s’améliore fortement dans l’administration publique, la restauration et la presse. La situation reste très dégradée dans l’action sociale.
Sur un an, l’amélioration est plus sensible pour les femmes que pour les hommes. Les femmes se disent en moins bonne santé mentale que les hommes, mais l’écart se réduit. Dans cette étude, 74 % d’entre elles se disent en bonne ou très bonne santé mentale contre 80 % des hommes.
Faire de la santé mentale la « Grande Cause nationale » de 2025 a favorisé « la levée du tabou », estime Qualisocial. L’étude souligne que 61 % des travailleurs disent avoir plus de facilité à évoquer ces sujets au travail qu’il y a quelques années.
En revanche, près d’un salarié sur deux n’a toujours aucun accès à des mesures de prévention au sein de son organisation, un manque particulièrement criant dans l’enseignement.
Le baromètre souligne que les organisations dotées de plans de prévention des risques psychosociaux obtiennent des résultats bien meilleurs de leurs équipes, notamment en termes d’implication.
Si le travail reste « un déterminant majeur », il ne représente la cause principale de dégradation de leur santé mentale que pour 21 % des travailleurs, derrière le contexte national (pouvoir d’achat, violence, instabilité politique…) pour 32 % et des facteurs individuels pour 38 %.
L’enquête d’Ipsos a été réalisée mi-novembre par internet, auprès de 3 000 travailleurs constituant un échantillon représentatif des salariés des secteurs privé et public, âgés de 18 ans et plus.
Avec AFP
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