Plus de 1 000 médecins spécialistes sont exilés symboliquement en Belgique depuis hier

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Calots de bloc, blouses blanches et petites valises : hier, des centaines d'anesthésistes, chirurgiens et obstétriciens libéraux ont quitté la France pour un exil symbolique de trois jours à Bruxelles afin de protester contre la politique de santé du gouvernement.

Plus de 1 000 médecins spécialistes sont exilés symboliquement en Belgique depuis hier

© Midjourney x What's up Doc

 

« On souhaite que le gouvernement arrête de taper sur la médecine libérale », a déclaré le Dr Philippe Cuq président du syndicat Le Bloc, peu de temps avant qu’une vingtaine de bus ne quitte la porte Dauphine, à Paris, pour rejoindre la capitale belge avec les médecins à leur bord.

A Bruxelles, « nous allons travailler pour préparer une dizaine de propositions que nous voulons remettre au Premier ministre à notre retour », a-t-il dit devant la presse.

« Nous sommes certainement autour de 1 500 médecins » à participer à cet exil symbolique, a-t-il précisé à l'AFP.

Selon lui, un peu plus de 1 900 s'étaient initialement inscrits, mais « plusieurs centaines d’entre eux ont été réquisitionnés » par les autorités et n'ont pu finalement y participer.

« Nous attendons un rendez-vous » avec Sébastien Lecornu, a-t-il ajouté. Le chef du gouvernement « s'occupe des agriculteurs qui nourrissent les Français, mais nous nous soignons les Français », a-t-il relevé.

Dépassements d'honoraires

Dans leurs futures propositions, les praticiens de bloc veulent notamment s'attaquer à la question du financement des dépassements d'honoraires, qui sont indispensables selon eux pour la viabilité économique de leur activité.

« Les complémentaires santé doivent rembourser ces dépassements d'honoraires », a estimé Philippe Cuq. « Les patients les comprennent, en revanche ils ne comprennent pas que les tarifs des complémentaires santé soient en hausse alors que des remboursements sont en baisse », a-t-il affirmé.

Plusieurs praticiens ont expliqué que les dépassements d'honoraires étaient rendus nécessaires par le fait que les tarifs officiels de l'Assurance maladie ne permettent pas de couvrir à eux seuls la rémunération et les frais des spécialités de bloc.

Selon le Dr Didier Legeais, président du syndicat national des urologues qui participe à l'opération, une néphrectomie (ablation d'une partie du rein en cas de cancer) est remboursée 506 euros par l'Assurance maladie, « alors qu'elle coûte au moins 600 euros si l'on n'utilise pas de robot, et 1 200 euros si l'on utilise un robot ».

Les compléments d'honoraires contribuent également à financer l'activité « pour les 8 millions de patients » qui n'en payent pas, comme les 5,5 millions de patients bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (CSS), a assuré Didier Legeais.

Selon Lamine Gharbi, président de la fédération des cliniques privées (FHP) qui soutient le mouvement, « 80% des blocs opératoires » privés seront fermés sur les trois premiers jours de cette semaine. « Ça va être tendu » dans les hôpitaux publics où seront dirigés les malades ne pouvant être pris en charge en clinique privée, a-t-il prévenu, porte Dauphine, où il était venu soutenir le mouvement.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/diaporama/etait-la-manifestation-des-medecins-liberaux-paris-vous-raconte

L'exil des médecins de bloc s'inscrit plus largement dans le contexte de grève des médecins libéraux. Samedi, plusieurs milliers de médecins (20 000 personnes, d'après les organisateurs, 5 000 selon la préfecture de police) ont défilé à Paris.

Avec AFP

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