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Selon un reportage publié par Le Point, les urgences poitevines ont accueilli jusqu’à 900 patients par jour pendant la dernière vague de chaleur, contre environ 550 habituellement. Malgré cette hausse de fréquentation de plus de 60 %, le service aurait évité la saturation complète.
« Notre organisation permet que les plombs ne sautent pas », explique au Point le Pr Olivier Mimoz, chef du service des urgences du CHU de Poitiers. Pour absorber l’afflux, l’établissement a notamment avancé certaines sorties d’hospitalisation afin de libérer des capacités. Mais son principal levier reste sa « cellule des flux des patients ».
Une gestion centralisée des lits
Installée dans une salle équipée d’écrans, cette cellule dispose en temps réel d’une vision de l’occupation des chambres de l’ensemble du CHU. Des gestionnaires de lits, ou bed managers, analysent les dossiers des patients en attente d’hospitalisation et recherchent une place adaptée à leur état clinique.
L’objectif est de ne plus laisser les urgentistes appeler eux-mêmes les différents services pour trouver un lit. « Le modèle ancien, c’est un médecin des urgences qui passe sa journée à appeler tel ou tel chef de service pour lui demander : “As-tu de la place chez toi ?” Cela fait perdre du temps médical aux professionnels », souligne Olivier Mimoz dans Le Point.
Les besoins de chaque spécialité sont anticipés à partir des données d’activité. Une partie des capacités est réservée en fonction de ces besoins prévisionnels, tandis que l’attribution des lits est coordonnée à l’échelle de l’établissement plutôt que service par service.
Une unité tampon de 22 lits
Le CHU dispose également d’une unité d’hospitalisation d’aval des urgences de 22 lits. Elle accueille pendant une durée maximale annoncée de 48 heures les patients qui doivent être hospitalisés, mais pour lesquels aucune place n’est immédiatement disponible dans le service correspondant.
D’après les chiffres communiqués par le Pr Olivier Mimoz au Point, cette organisation aurait permis de réduire de 33 % le temps d’attente aux urgences.
Le modèle poitevin devrait figurer parmi les propositions d’un rapport sur les urgences annoncé pour le 15 juillet. Celui-ci doit notamment recommander la généralisation de cellules spécialisées dans la gestion des lits, soutenues par des logiciels de suivi des capacités hospitalières.
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