Urgences : il faut se préparer à un nouvel été sous tension

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Les représentants de la médecine d'urgence prévoient des services tout aussi engorgés cet été que les saisons précédentes, le problème de fond du manque de places d'hospitalisation en aval n'étant pas traité. 

Urgences : il faut se préparer à un nouvel été sous tension

© Midjourney x What's up Doc

 

« Il n'y a aucun élément factuel qui nous permette de dire que l'été se passera mieux que l'an dernier », a déclaré la Dr Valérie Debierre, vice-présidente de Samu Urgences de France (SUDF), en marge du congrès Urgences de France co-organisé par son syndicat à Paris. L'encombrement va être « au moins au même niveau que l'année dernière, voire » encore plus dégradé, a-t-elle résumé.

« Et ce n'est pas la régulation en amont des urgences (l'obligation pour le patient de contacter le 15 avant de pouvoir accéder aux urgences, de plus en plus fréquente, NDLR) qui sera la solution », a estimé Valérie Debierre, qui dirige le Samu de Vendée.

Pour le syndicat, la solution serait d'avoir plus de lits disponibles en aval des urgences, pour éviter que les patients n'y restent bloqués faute de place.

Mais la situation sur ce plan est « de pire en pire » chaque année, et on arrive à des « situations pré-explosives », a déclaré de son côté le Pr Olivier Mimoz, chef du pôle urgences du CHU de Poitiers et membre d'une mission sur l'aval des urgences, qui conclura ses travaux à la mi-juillet.

Meilleure gestion des lits

« Pourtant il y a des solutions », comme « l'optimisation de la gestion des lits » dans les établissements, avec des « cellules d'ordonnancement » capables d'imposer un patient à un service s'il a des lits vides, a-t-il expliqué. « Le lit appartient au patient » et pas « au médecin ou au chirurgien » qui dirige le service, selon lui.

Par ailleurs, « aujourd'hui 20 % des lits sont occupés par des personnes qui n'ont rien à y faire, parce qu'elles attendent des lits de soins de suite ou une place en Ehpad, qu'elles ont été hospitalisées trop tôt pour des raisons non médicales... », a-t-il ajouté.

Pour les représentants des médecins urgentistes, il faut en tout cas agir rapidement. « Près de huit médecins urgentistes sur 10 déclarent ressentir de l'épuisement professionnel », et « près d'un urgentistes sur trois envisage de quitter la profession », a indiqué le Dr Jeremy Monteiro, du SUDF, en s'appuyant sur une étude que le syndicat vient de réaliser avec 525 médecins répondants.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/dr-frank-becker-amuf-la-situation-des-urgences-saggrave-dannee-en-annee-besoin-de-plus

Samu Urgences de France et la Société française de médecine d'urgence (SFMU) sont les organisateurs du congrès Urgences de France cette semaine à Paris, le grand rendez-vous annuel du secteur.

Avec AFP

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