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La téléconsultation n’a jamais eu vocation à remplacer le cabinet. Elle ne permet pas de palper un abdomen, d’ausculter un thorax ou d’évaluer physiquement une situation clinique complexe. Mais la question n’est pas là. Dans un contexte où les demandes de soins non programmés s’accumulent, où les délais s’allongent et où les médecins voient leurs journées débordées par des sollicitations hétérogènes, l’intérêt de la téléconsultation tient surtout à sa capacité de tri, d’orientation et de prise en charge de situations bénignes.
C’est là qu’elle peut trouver sa place : non pas comme solution miracle à la démographie médicale, mais comme outil d’organisation du soin.
Un outil pour absorber une partie du soin non programmé
Selon une étude Ifop réalisée pour MEDADOM, 21 % des usagers de téléconsultation déclarent qu’elle leur a évité un passage aux urgences, soit 6 % de la population générale française. Le chiffre doit être lu pour ce qu’il est : une donnée déclarative, issue d’une étude commandée par un acteur du secteur. Mais il dit quelque chose d’un usage déjà installé : dans certains cas, le patient cherche moins une prise en charge hospitalière qu’un avis médical rapide, une orientation ou une première réponse thérapeutique.
Les motifs de recours décrits dans cette même étude vont dans ce sens. Les téléconsultations concernent principalement des situations bénignes ou non vitales : syndromes grippaux et rhumes dans 25 % des cas, fièvre dans 24 %, diarrhées et vomissements dans 22 %, otites dans 19 %, cystites et infections urinaires dans 19 %, allergies dans 19 %. Autrement dit, des motifs fréquents, souvent chronophages, parfois anxiogènes pour les patients, mais qui ne justifient pas toujours une mobilisation du présentiel lorsqu’une évaluation à distance est suffisante.
Pour les médecins, l’enjeu n’est donc pas seulement de « faire plus ». Il est de mieux répartir les niveaux de recours. Une partie de la demande peut être traitée à distance ; une autre doit rester au cabinet ; une troisième relève de l’urgence réelle. C’est cette articulation qui conditionne la pertinence médicale de la téléconsultation.
Le quotidien des médecins, angle mort du débat
Le débat public a longtemps regardé la téléconsultation depuis le point de vue des patients : accès plus rapide, réponse dans les territoires sous-dotés, recours possible en dehors des circuits habituels. C’est légitime, mais incomplet. Car les médecins sont eux aussi au cœur de la crise d’organisation du soin.
L’épuisement professionnel n’est plus un signal faible. Dans son Baromètre santé des médecins libéraux franciliens, publié en janvier 2026, l’URPS Médecins libéraux Île-de-France indique que 43 % des 688 médecins répondants se situent en zone de risque d’épuisement professionnel. Le même baromètre relève aussi 56 % de médecins en zone de risque de dépersonnalisation et de perte d’empathie. À l’échelle européenne, l’enquête MeND de l’OMS Europe, menée auprès des médecins et infirmiers dans 29 pays, décrit une forte prévalence des troubles de santé mentale et des conditions de travail délétères chez les soignants.
La téléconsultation peut contribuer à un point décisif : redonner une marge de manœuvre dans l’organisation de l’activité des médecins.

Moins de déplacements, davantage de souplesse, un exercice plus modulable
Pour un médecin, la téléconsultation peut représenter une modalité d’exercice partiel, intégrée à une activité libérale ou salariée. Elle peut limiter certains déplacements lorsque l’acte peut être réalisé à distance, réduire les temps improductifs, permettre de concentrer les consultations physiques sur les patients qui nécessitent un examen clinique, un suivi complexe ou une prise en charge plus longue.
Cette souplesse peut aussi avoir un intérêt dans certaines périodes de vie ou d’exercice : grossesse, convalescence, contraintes familiales, exercice multi-sites, volonté de réduire temporairement le volume de présentiel sans rompre avec la pratique médicale. Dit autrement, la téléconsultation peut devenir un outil de continuité professionnelle, à condition d’être utilisée dans un cadre clair.
Ce cadre existe. La pratique à distance reste encadrée, notamment par le plafond conventionnel de 20 % du volume d’activité globale conventionnée réalisé à distance sur une année civile. Ce seuil rappelle un principe essentiel : l’activité médicale ne peut pas devenir majoritairement distante. La téléconsultation est un complément d’exercice, pas un basculement intégral de la relation de soin.
Ce cadre est toutefois appelé à évoluer. Lors de la clôture des Assises nationales de la télémédecine, le 26 janvier 2026, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a annoncé la mise en place de dérogations ciblées au seuil de 20 %, notamment pour les médecins retraités, les médecins remplaçants, les médecins en situation de handicap, ainsi que pour certains moments de vie particuliers. Elle a également évoqué la possibilité de déroger temporairement à ce plafond lorsque le système de soins fait face à des tensions, par exemple en période hivernale.

Revenir au cœur du métier : décider, orienter, soigner
L’un des reproches les plus fréquents des médecins à leur quotidien tient à la dilution du temps médical. Gestion d’agenda, interruptions, tâches administratives, demandes simples mais nombreuses : l’exercice se fragmente. Dans ce contexte, la téléconsultation peut avoir un intérêt si elle permet de mieux organiser le flux des demandes et de libérer du temps pour les situations qui exigent réellement le présentiel.
Cela suppose de rester lucide sur les indications. Une téléconsultation peut être pertinente pour une affection aiguë bénigne, un renouvellement d’ordonnance dans un contexte connu, une orientation, un conseil médical, ou un premier niveau d’évaluation. Elle devient insuffisante dès que la décision dépend d’un examen clinique complet, d’une exploration diagnostique, d’un geste technique ou d’une situation instable.
Le cas MEDADOM : plateforme, dispositifs accompagnés et automatisation administrative
Dans ce paysage, MEDADOM s’inscrit comme l’un des acteurs leaders de la téléconsultation médicale en France, avec une offre combinant application, bornes et cabines de téléconsultation, notamment en pharmacie. Ses dispositifs sont installés dans plus de 5 500 pharmacies partenaires. Ce modèle vise à proposer une téléconsultation assistée d’un professionnel de santé, avec accès à certains dispositifs médicaux connectés lorsque la situation le justifie.
L’intérêt, pour les médecins, ne se limite pas à la consultation vidéo. Il concerne aussi l’environnement d’exercice : flux de patients, sécurisation du parcours, modalités de compte rendu, intégration des documents, outils d’aide à la synthèse. MEDADOM a notamment développé « Medadom Copilot », un assistant destiné à générer automatiquement un compte rendu structuré à la fin de la téléconsultation, que le médecin peut ensuite relire, modifier et valider.
Là encore, la promesse ne doit pas être mal posée. L’IA ne remplace pas la responsabilité médicale. Elle peut, en revanche, réduire une partie de la charge rédactionnelle si son usage reste contrôlé par le praticien. Pour une profession qui dénonce régulièrement l’accumulation des tâches périphériques au soin, ce type d’outil ne vaut que s’il fait réellement gagner du temps sans dégrader la qualité de la trace médicale.
Une efficience possible, sous conditions
La Cour des comptes, dans son rapport consacré aux téléconsultations publié en avril 2025, souligne le potentiel médico-économique du dispositif. Elle estime que l’évitement théorique de 10 % des passages aux urgences ne le justifiant pas pourrait représenter 113 millions d’euros d’économies par an. Elle rappelle aussi que le coût d’une prise en charge en téléconsultation est près de dix fois inférieur à celui d’un passage aux urgences.
La téléconsultation apparaît ainsi comme un outil structurant du parcours de soins : demandes simples, orientation, suivi de patients connus, premier niveau d’évaluation... Elle peut permettre de réserver le présentiel aux situations qui nécessitent un examen clinique, réduire certains recours évitables et structurer plus efficacement une partie du soin non programmé. Dans un système où le temps médical constitue une ressource contrainte, c’est moins sur la technologie elle-même que sur son intégration réelle dans les parcours que se joue la pertinence de la téléconsultation.
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