Sages-femmes et gynécologues : les sociétés savantes enterrent la hache de guerre

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Alors que le chantier sur la périnatalité a ravivé les tensions entre représentants de sages-femmes et de gynécologues, le Collège national des sages-femmes de France et le Collège national des gynécologues et obstétriciens français publient un communiqué commun. Les deux sociétés savantes appellent à dépasser les oppositions de principe, à mettre à jour la gradation du suivi des grossesses et annoncent vouloir saisir ensemble la HAS.

Sages-femmes et gynécologues : les sociétés savantes enterrent la hache de guerre

© Midjourney x What's up Doc

Le message est diplomatique, mais il vise clairement à calmer le jeu. Après plusieurs prises de position syndicales opposant sages-femmes et gynécologues autour de l’organisation du suivi des grossesses, le Collège national des sages-femmes de France (CNSF) et le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) prennent la parole ensemble. Dans un communiqué commun, les deux sociétés savantes appellent à sortir d’une logique d’affrontement entre professions.

Leur ligne tient en une phrase : la périnatalité ne peut pas être reconstruite sur un bras de fer corporatiste. Le CNSF et le CNGOF estiment ainsi nécessaire de rappeler que « la santé des femmes et des nouveau-nés ne peut être pensée à partir d’oppositions de principe entre professions ». Une façon de répondre à la séquence récente, marquée par des positions divergentes sur la place respective des sages-femmes et des gynécologues-obstétriciens dans le parcours de grossesse.

Une collaboration jugée indispensable

Les deux collèges ne nient pas les enjeux de réorganisation. Ils refusent en revanche que le débat soit réduit à une compétition de territoires professionnels. Pour eux, la collaboration entre sages-femmes et gynécologues-obstétriciens constitue depuis longtemps la « pierre angulaire » de la santé périnatale en France. À l’inverse, préviennent-ils, une organisation des soins « en silo » constituerait « un danger pour les femmes et les familles ».

Cette prise de position intervient dans un contexte sanitaire préoccupant. Le communiqué rappelle que la mortalité périnatale est en hausse en France et que les décès maternels restent majoritairement évitables. Mais les deux sociétés savantes prennent soin de désamorcer toute mise en accusation d’une profession contre l’autre : ces résultats « ne sont imputables à aucune profession », écrivent-elles. Elles les attribuent plutôt à une dégradation plus générale de l’organisation des soins périnatals, qu’il s’agisse du suivi de grossesse, de la coordination, de la prévention des risques ou des soins critiques.

Le libre choix du praticien réaffirmé

Sur le fond, le CNSF et le CNGOF défendent une organisation fondée sur la gradation des soins. Le suivi d’une grossesse peut être assuré par un médecin généraliste, un gynécologue-obstétricien, un gynécologue médical ou une sage-femme. Les deux collèges réaffirment à ce titre que le libre choix du praticien est un « droit inaliénable ». Mais ils estiment aussi indispensable de mieux orienter les patientes selon des facteurs de risque clairement identifiés par la littérature scientifique.

C’est là que le communiqué apporte un élément concret : le CNSF et le CNGOF annoncent qu’ils vont solliciter ensemble la Haute Autorité de santé afin de collaborer à la mise à jour des recommandations relatives au suivi et à l’orientation des femmes enceintes en fonction des situations à risque. Les recommandations actuelles de la HAS sur ce sujet avaient déjà été mises à jour il y a une dizaine d’années. Les deux sociétés savantes veulent donc rouvrir ce chantier, non pas séparément, mais conjointement.

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Vers une nouvelle classification des maternités

Autre piste défendue : encourager une classification des maternités en fonction du risque maternel, et plus seulement du risque périnatal. Derrière cette formulation technique, l’enjeu est majeur : mieux adapter l’organisation des soins aux profils des patientes, dans un contexte où les tensions démographiques touchent l’ensemble des professions de santé.

Enfin, les deux collèges s’engagent à poursuivre ce travail avec les autres sociétés savantes de la périnatalité, notamment la Société française de médecine périnatale. L’objectif affiché est de construire une réponse collective, fondée sur des données scientifiques et sur les réalités de terrain, plutôt que sur des postures professionnelles concurrentes.

Reste à voir si cet appel suffira à apaiser les syndicats les plus mobilisés. Mais le signal est net : sur la périnatalité, les sociétés savantes de sages-femmes et de gynécologues-obstétriciens refusent désormais de laisser le débat se résumer à une guerre de rôles. Leur réponse commune trace une autre voie : libre choix des femmes, gradation des soins, collaboration interprofessionnelle structurée et actualisation des recommandations scientifiques.

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