Les sages-femmes veulent assurer le suivi complet des grossesses à bas risques, sans les médecins

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La périnatalité ne doit pas être structurée uniquement autour des situations très complexes alors qu'une majorité de grossesses sont physiologiques, selon le collège national des sage-femmes, qui propose trois parcours de suivi différents selon le niveau de risques.

Les sages-femmes veulent assurer le suivi complet des grossesses à bas risques, sans les médecins

© Midjourney x What's up Doc

 

Pour réformer le secteur de la périnatalité et tenter de résorber une mortalité infantile croissante en France, le gouvernement a récemment demandé à trois experts de lui faire des recommandations d'ici juin. Hier, le collège national des sage-femmes (CNSF) a publié son propre rapport après une « large concertation » interne et auprès d'associations adhérentes.

Aujourd'hui, « un couple peut consulter une sage-femme, un gynécologue-obstétricien ou un médecin généraliste », mais il est fréquent « que des sages-femmes suivent des grossesses pathologiques et des gynécologues-obstétriciens des grossesses physiologiques », note le CNSF, défendant des rôles mieux identifiés et correspondant « aux compétences de chacun ». Et « 80 % des grossesses relèvent du bas risque », pointe-t-il. 

Le rapport propose donc de créer trois parcours distincts : « Bas risque, à risque et pathologique ». Le suivi du bas-risque, qui reste à définir, serait assuré principalement par des sage-femmes dans une « offre diversifiée de lieux de naissance » (maternités, maisons de naissance, domicile), suggère le collège.

Les deux autres niveaux de risque « impliquent une prise en charge spécifique » en « équipes pluridisciplinaires » (gynécologues-obstétriciens, pédiatres, anesthésistes-réanimateurs, etc), ajoute-t-il.

Bilan prénatal obligatoire et renforcement du rôle du père

Autre préconisation : « Aménager des espaces dédiés » au bas-risque et renforcer les effectifs de sages-femmes et auxiliaires de puériculture dans les maternités à fort volume de naissances pour « éviter une surmédicalisation des accouchements » ne la nécessitant pas.

Côté prévention, le CNSF suggère de systématiser la consultation préconceptionnelle, qui existe mais reste mal connue, et de rendre obligatoire en début de grossesse le « bilan prénatal » et la « désignation d’une sage-femme référente ».

Il appelle aussi à « renforcer la place du coparent », en permettant notamment au futur père « de s’absenter pour l’ensemble des examens médicaux obligatoires du suivi » et en aménageant les chambres de maternité pour son accueil.

Le rapport plaide encore pour un suivi postnatal plus robuste pour « la mère et le soutien à la parentalité », « couvrant au moins les six premiers mois de l’enfant ».

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Il appelle également à diverses revalorisations salariales, notamment pour les unités chargées des urgences obstétricales ou les actes techniques d'accouchement, et à faciliter « l'accès à une activité mixte ville-hôpital » aux sage-femmes.

Avec AFP

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