Procédure de choix: la gynéco obstétrique une spé "badass " pour Océane Pécheux

Dans l'optique du choix des spé et des établissements suite aux #ECNi2020, WUD lance une série d'entretiens avec des responsables de syndicats d'internes, pour vous faire découvrir les différents DES et régions qui s'offrent à vous. Aujourd'hui, entretien avec Océane Pécheux, présidente de l'association des gynécologues obstétriciens en formation (Agof) qui défend un DES très polyvalent, tant dans la pratique que dans le mode d'exercice.

What’s up Doc. Pourquoi tu kiffes ta spé?

Océane Pécheux. Pour pas mal de raisons. Je pense surtout à la polyvalence. Il n’y a pas beaucoup de spécialités où l'on peut pratiquer de la médecine, de la chirurgie et de l’imagerie. Il y a aussi un degré d’urgence important. On doit faire naître un bébé d’un hématome rétro-placentaire en 15 minutes. C’est ce qui rend l’activité palpitante. Après il y a le côté humain, on est un peu le gynécologue, c’est l’équivalent du médecin traitant des femmes. Ça nous donne un rapport privilégié avec un suivi à long terme. On ne fait pas comme ceux qui font uniquement de la chirurgie, avec juste une prise en charge ponctuelle par exemple. D’ailleurs, on a aussi toute une partie d’activité physiologique, autour de la grossesse et de l’accouchement.

WUD. La gynéco ob', c’est plutôt glow up ou glow down?

O. P. Je dirais up ! Dans le choix ça reste relativement stable. Cest pas une spé qui est plus choisie qu’avant et ça n’a jamais été une spécialité des plus choisie. Je pense que, pour ma part, c’est lié au rythme de vie qui peut faire peur aux gens. Donc c’est pas la plus choisie mais elle est relativement accessible à l’internat. Et aussi je pense que ça se développe beaucoup. Notamment la recherche qui avait été mise de côté et qui se développe beaucoup. Donc c’est une spécialité qui se développe beaucoup et ça la rend encore plus intéressante. 

WUD. C’est quoi les conseils que tu peux donner aux futurs internes ?

O. P. Je pense qu’il faut partir serein et être bien entouré. Au début c’est très impressionnant comme spécialité et ça peut être un petit peu stressant. Parce qu’il y a beaucoup de choses à faire. Mais finalement, chacun doit prendre son rythme et tout le monde finit par y arriver, et gérer le stress des situations très urgentes. 

" Alors que moi je trouve que c’est plutôt une spécialité badass car elle demande beaucoup de cran, de gestion du stress. Ça demande d’être polyvalent, de réagir vite. Donc on est un peu loin du côté bisounours. "

WUD. C’est quoi les avantages de la gynéco obstétrique?

O. P. La polyvalence. Il y a des gens qui peuvent faire que de la médecine, que de la chirurgie et c’est aussi bien accessible en privé comme public. Tout le monde peut choisir entre la clinique, l’hôpital, le cabinet et dans les trois cas, il y a vraiment beaucoup de travail. Globalement, c’est une spécialité qui reste recherché partout. Donc c’est assez confortable de pouvoir aller remplacer où on a envie. Après il y a tout ce qui est rapport privilégié, de confiance et de proximité avec les patientes. C’est une spécialité qui tourne quand même beaucoup autour de l’éthique. Aussi on apprend beaucoup du rapport au corps pour améliorer nos relations avec les patientes, pour qu’elles nous fassent confiance, qu’on leur fasse pas mal... Il y a aussi tout un travail autour de la pudeur.

WUD. Et les inconvénients? 

O. P. C’est sûr que le rythme de travail peut être impressionnant au départ. Mais pour modérer un peu ce propos là, on peut quand même faire ce qu’on veut à la fin de la spécialité. Je connais des gens qui à la fin de l’internat se sont installés directement en libéral, ils ne font plus de garde et peuvent faire des "horaires de bureau" du lundi au vendredi. Donc ça peut être un frein pendant l’internat mais après chacun fait ce qu’il veut. C’est une spécialité avec la continuité des soins donc ça veut dire qu’il faut faire des sacrifices. Aussi, il y a de plus en plus de sur-spécialisations comme la chirurgie, la cancérologie ou la PMA, et il y a certains internes qui choisissent la gynéco obstétrique, pas pour la polyvalence mais pour une de ses surspécialités et qui finalement n’y ont pas accès : cela peut être source de déception. 

WUD. T’as une anecdote à nous raconter? 

O. P. On ne fait pas QUE prescrire la pilule et des frottis. C’est une spécialité hyper large et c’est hyper compliqué d’acquérir toutes les compétences, c’est pour ça qu’il y a beaucoup de sur-spécialisations. Donc quand mes copines me disent ça, ça me fait vraiment beaucoup rire. Autre cliché :  le côté bisounours/mignon, qui peut tourner autour de la naissance. Alors que moi je trouve que c’est plutôt une spécialité badass car elle demande beaucoup de cran, de gestion du stress. Ça demande de la polyvalence, des réactions rapides. Donc on est un peu loin du côté bisounours. 

Portrait de Mélanie Philips

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