Faut-il réserver son post-internat ?

Avec la R3C, le post-internat devrait retrouver sa raison d’être : une expérience qui renforce la cohérence d’un projet professionnel. Mais faut-il pour autant chercher son poste de début de carrière dès l'internat ?

« Le post-internat, ce n’est pas une finalité en soit ! Tout dépend de ce que l’on veut en faire », met en garde Jean-Baptiste Bonnet, président de l’ISNI (InterSyndicale Nationale des Internes). Actuellement, de très nombreux internes titulaires d’un DES souhaitent bénéficier d’un post-internat en milieu hospitalo-universitaire. Il peut s’agir d’un poste de chef de clinique – assistant ou d’assistant hospitalo-universitaire, à valence universitaire donc, ou d’un poste clinique type assistant des hôpitaux. A cela, plusieurs motivations : finaliser une formation complémentaire initiée pendant l’internat (DESC) ou encore avoir un délai supplémentaire avant de mûrir un projet professionnel.

A travers cette démarche, les jeunes praticiens souhaitent également acquérir une autonomie d’exercice, accéder à une carrière universitaire ou encore ménager des possibilités de carrière (secteur 2, CHU …). Les raisons peuvent donc être variées. Dans certains cas, le post-internat est devenu systématique car l’internat ne suffit pas à lui même pour la formation du spécialiste : il est exigé pour valider la plupart des DESC.

Post-internat version R3C

Sauf qu’avec laréforme du troisième cycle des études médicales (lien article R3C), les DESC sont amenés à disparaître au profit d’un DES unique. Par ailleurs, pendant la troisième phase de l’internat, les jeunes médecins auront un statut d’assistant - mais attention, pas d’assistant hospitalier ! La responsabilité du « docteur junior » (c’est le nom retenu pour ce nouveau statut qui verra le jour en 2020) s’apparente plus à celle d’un interne qu’à celle d’un assistant spécialisé. Ce dispositif vise à améliorer l’insertion professionnelle des jeunes médecins.

Du coup, une question de pose : avec cette réforme, le post-internat conserve-t-il une utilité ? « En fait, il a toute sa place »,estime Jean-Baptiste Bonnet. Un constat partagé par les inspecteurs de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales), à l’origine du rapport qui a sous-tendu l’architecture de la réforme. « Le post-internat devrait ainsi retrouver sa raison d’être et ne quasiment plus servir comme complément de formation initiale », peut-on lire.

Au-delà du clinicat

Ainsi réaffirmée, l’utilité du post-internat doit être placée au service de l’objectif professionnel du jeune médecin. « Le clinicat est le principal mode de post-internat envisagé par les internes du fait du prestige, de la rémunération, de l’ouverture aux carrières hospitalo-universitaires et au secteur 2 », souligne le SIHP (Syndicat des Internes des Hôpitaux de Paris) sur son site.

Mais ce choix doit être celui de la raison - c’est-à-dire être réservé à ceux qui veulent s’engager dans une carrière universitaire. « Il ne faut pas prendre un poste de chef de clinique parce qu’il est libre, mais parce qu’il est en cohérence avec son projet professionnel », ajoute Jean-Baptiste Bonnet. D’autres possibilités sont ainsi à explorer : assistants spécialistes, mais aussi assistants partagés. De plus en plus de CHU offrent désormais cette possibilité.

Le bon moment

La R3C ne devrait pas modifier le nombre de postes de CCA ou d’Assistant dans les hôpitaux. Mais désormais, ces postes ne seront plus offerts en priorité aux internes devant valider un DESC, puisque le diplôme n’existe plus. La chasse aux postes devrait donc être moins rude, et avec la multiplication des dispositifs, tous les internes devraient pouvoir avoir un post-internat.

Pour autant, il importe d’anticiper son post-internat… sans trop se précipiter, comme l’explique Jean-Baptiste Bonnet. « Dès l’internat, c’est bien, mais pas dès le premier semestre ! Il faut avoir une idée claire de son projet avant de réserver un post-internat adapté. Pour le clinicat, par exemple, l’interne devra passer devant la commission qui valide les stages, laquelle testera l’engagement pour l’enseignement et la recherche du futur chef de clinique. Il ne faut pas hésiter à parler avec son chef de clinique, appeler les coordonnateurs des spécialités dans les villes, les associations locales… » Et une fois le projet bien mûr… vous pouvez foncer !

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