En vrai il y a 8,5% de plus de médecins en activité aujourd’hui qu’en 2010, découvrez l’Atlas de la démographie médicale

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Inégalités territoriales, érosion de l’activité libérale, hyperspécialisation et de plus en plus de médecins étrangers… L’Atlas de la démographie médicale en France de 2023 est sorti. Quelles sont les grandes tendances ? Les enseignements ? Voici les chiffres commentés par l’Ordre des médecins.

En vrai il y a 8,5% de plus de médecins en activité aujourd’hui qu’en 2010, découvrez l’Atlas de la démographie médicale

© IStock 

Étonnant ! Il y a de plus en plus de médecins. Une augmentation de 8,5 % entre 2010 et 2023 avec 234 028 médecins actifs cette année. Cependant on note une diminution du nombre d’actifs réguliers. Et au plus grand dam de l’ordre, un taux d’abandonnisme de la part des jeunes diplômés de plus en plus important, même s’il n’a pas été mesuré.

Des inégalités territoriales qui persistent et se creusent

Les médecins ne sont pas bien répartis sur le territoire. On remarque, par exemple, un manque criant de médecins généralistes dans les départements du Bassin parisien, du Centre-val de Loire, mais aussi en Normandie, en Nouvelle-Aquitaine et Occitanie. « Ces zones défraient régulièrement la chronique pour leur problème d'accès aux soins. » souligne le vice-président de l’Ordre, Jean-Marcel Mourgues.

Une érosion de l’activité libérale

Dans toutes les spécialités on observe une diminution de l’activité libérale de 2,9 % entre 2010 et 2023, avec cependant une grande disparité selon les spécialités. Cette diminution est très marquée en rhumatologie avec une diminution de 31,3 % de l’activité libéral en 13 ans, contre 15,7 % pour l’ophtalmologie et 16,9 % pour la médecine générale. Cette baisse du libéral est logiquement concomitante avec une augmentation de l’activité en salariat.

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Jean-Marcel Mourgues insiste sur les différences de comportement « des jeunes médecins inscrits pour la première fois en 2010 : un sur deux avait une activité de remplaçant, 16,5 % faisait le choix de s’installer en libéral. En 2015, 5 ans après, les médecins installés en libéral ont été multiplié par 2,5, c’est-à-dire 41,5% d’installés. Ce qui est intéressant est le comportement en 2020 et 2023 soit 10 ans après leur primo inscription, ce taux d’installation ne bouge quasiment plus, 45,4% en 2020, et 46% en 2023, comme si on avait atteint un plafond de verre de l’activité régulière libérale. Elle ne séduit plus et concerne à peine un médecin sur deux, ce qui interroge sur l’attractivité de l’exercice libéral en médecine générale. »

Une hyperspécialisation de plus en plus forte

Les médecins ont tendance à de plus en plus s’hyper-spécialiser. « Par exemple en cardiologie il y a un exercice très ciblé. Les cardiologues généralistes tendent à disparaître, ce qui est un véritable défi en termes de réponse de proximité loin des grandes métropoles, et des CHU. L’évolution des hyperspécialisations est aussi un défi en termes de proximité de réponses dans les spécialités. » continue Jean-Marcel Mourgues  

Pour François Arnault, président de l’Ordre des médecins, « c’est un gage de compétence, c’est aussi dû à l’évolution de la science, c’est ce qui rend compliqué le métier de médecin généraliste.»

Des médecins à diplômes étrangers de plus en plus présents

Les médecins étrangers sont de plus en plus nombreux à s’installer. En 2010, ils étaient 4,4 % parmi les médecins généralistes et 7,5 % de l’ensemble des médecins toutes spécialités confondues. En 2023, ils sont 12,5 %, toute spécialités confondues. « Ces derniers ont tendance à s’installer le plus souvent dans les départements en sous-densité médicale. »

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