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« La période 2012-2022 est marquée par une augmentation des hospitalisations pour plaies du pied, une stabilité des amputations (...) et une persistance des inégalités sociales et territoriales », selon Santé publique France, qui consacre un bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) au « fardeau évitable » de ces complications.
L’incidence de ces hospitalisations a augmenté de 692 à 1 006 pour 100 000 chez les hommes, et de 452 à 538 pour 100 000 chez les femmes.
S’il y a « probablement de plus en plus de plaies chez les personnes vivant avec un diabète car celles-ci sont liées à deux complications qui augmentent avec l’âge : la neuropathie et l’artériopathie », cela montre aussi des prises en charge préventives « défaillantes », juge la professeure Agnès Hartemann, dans un commentaire d’ensemble.
Le taux d’amputation est cependant resté stable (336/100 000 chez les hommes, 115 pour 100 000 chez les femmes).
C’est probablement l’effet d’hospitalisations plus précoces et/ou plus efficaces pour éviter cette issue, avance la professeure Agnès Hartemann, tout en notant que ce taux est beaucoup plus bas dans d’autres pays européens (Belgique, Suède, Italie, Allemagne…).
Des territoires plus exposés
Pour les complications podologiques du diabète, la France connaît aussi des inégalités socio-économiques et des disparités régionales marquées, montrent plusieurs des travaux publiés mardi.
L’incidence des amputations est ainsi 44 % plus élevée chez les habitants des communes les plus défavorisées, et les taux d’amputations bien supérieurs dans les départements et régions d’outre-mer, en Bretagne et dans les Hauts-de-France.
La littérature internationale confirme que « les personnes à faibles revenus, à faible niveau d’éducation ou sans couverture de soins adéquate ont un accès limité à la prévention, notamment podologique, entraînant un diagnostic plus tardif et un pronostic plus défavorable », pointe une autre étude du BEH.
« Une organisation territoriale efficace, une meilleure accessibilité aux soins spécialisés et une approche globale intégrant les déterminants sociaux sont essentielles pour prévenir les complications et réduire le nombre d’amputations », plaident ses auteurs.
Pour la professeure Agnès Hartemann, « il manque toujours en France une structuration du parcours de soins par un maillage territorial, avec des équipes pluridisciplinaires dont on connaît pourtant l’efficacité. Le coût en est terrible pour les patients, leurs proches, et in fine pour notre système de soins ».
Avec AFP
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