Le rapport de Bruno Rossetti, mandaté il y a un an par l'Agence régionale de santé de Bretagne, visait à redéfinir l'offre de soins dans le nord-ouest des Côtes-d'Armor, où les "indicateurs de santé de la population sont défavorables", et où les établissements sont confrontés à des difficultés de recrutement de médecins et de personnels paramédicaux.
Parmi les trois scénarios envisagés, le rapport préconise le maintien des hôpitaux de Lannion, Guingamp et Saint-Brieuc, tout en renforçant la spécialisation de chaque établissement.
S'il prévoit de conserver tous les services d'urgences et SMUR "24 h sur 24 et 7 jours sur 7", il préconise en revanche de regrouper à Lannion et Saint-Brieuc les 500 accouchements annuels réalisés à Guingamp ainsi que la chirurgie conventionnelle.
Cette réorganisation s'accompagnerait d'un investissement de 238 millions d'euros dans le cadre du plan Ségur pour reconstruire l'hôpital de Guingamp, moderniser l'hôpital de Lannion ainsi que pour l'extension de l'hôpital de Saint-Brieuc.
"J'ose espérer que Bruno Rosetti sera considéré comme un has been"
Ce scénario "répond le mieux aux contraintes démographiques actuelles et à venir tout en garantissant un maillage fin du territoire avec l'accès à des soins de premier recours en 30 minutes en tout point du territoire", assure le groupement hospitalier.
Le rapport préconise également le développement de la télémédecine entre établissements de santé.
Interrogée par l'AFP, Hélène Guichaoua, cheffe de service de la maternité de Guingamp, a estimé qu'il n'y avait "rien de nouveau" et qu'une fermeture n'était "de toute façon pas envisagée dans l'immédiat avant l'arrivée du nouveau centre hospitalier de Guingamp". "On nous parle fermeture alors que nous avons tous les effectifs. J'ose espérer que Bruno Rossetti sera considéré comme un has been car il porte une vision qui est uniquement financière. On met de plus en plus la santé à distance", a-t-elle estimé.
La maternité de Guingamp avait bénéficié en 2018 d'un sursis de deux ans après une forte mobilisation de la population.
Avec AFP
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