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Au 31 décembre 2024, la France compte 450 maternités, contre 462 un an plus tôt, soit douze établissements de moins en un an. Dans le même temps, le nombre de lits d’obstétrique recule de 14 051 à 13 700, ce qui représente une baisse de 351 lits sur un an. Ces chiffres, publiés par la Drees, confirment la poursuite d’une tendance structurelle de long terme, marquée par la diminution progressive du nombre de maternités sur le territoire français.
Les données issues de la liste des maternités de France reposent sur la Statistique annuelle des établissements de santé et recensent les établissements disposant d’au moins un lit d’obstétrique et ayant réalisé au moins un accouchement dans l’année au 31 décembre. La Drees précise toutefois que ce fichier ne permet pas de mesurer précisément l’activité annuelle en nombre d’accouchements, les maternités fermées en cours d’année n’étant pas prises en compte si elles ne disposent plus de lits à la fin de l’année.
Des capacités de soins critiques en progression
À l’inverse, les capacités hospitalières en soins critiques poursuivent leur progression. Au 31 décembre 2024, les établissements de santé disposent de 19 700 lits de soins critiques ou de surveillance continue, dont 5 700 lits de réanimation. Par rapport à 2023, les capacités d’accueil en réanimation augmentent de 1,4 %, tandis que l’ensemble des lits de soins critiques et de surveillance continue progresse de 1,7 % sur un an, selon les données publiées par la Drees.
Cette hausse globale doit toutefois être interprétée avec prudence. L’année 2024 marque l’entrée en application de la réforme des autorisations d’activité de soins critiques, qui se traduit par une augmentation marquée du nombre de lits de soins intensifs et une baisse d’ampleur comparable du nombre de lits de surveillance continue.
Cette évolution correspond en grande partie à une transformation réglementaire des catégories de lits plutôt qu’à une création nette de capacités. La Drees précise par ailleurs que ces données excluent les lits de néonatologie ainsi que ceux dédiés aux grands brûlés.
Deux dynamiques hospitalières
Pris ensemble, ces données mettent en évidence des dynamiques hospitalières distinctes. D’un côté, les capacités d’accueil obstétricales continuent de se réduire, tant en nombre d’établissements qu’en nombre de lits.
De l’autre, les capacités de soins critiques progressent légèrement dans un contexte de réorganisation et de montée en technicité de l’offre hospitalière.
Ces évolutions ne concernent pas les mêmes populations ni les mêmes niveaux de soins et ne sont pas directement comparables, mais elles interrogent l’articulation globale de l’offre de soins, alors que la fermeture de maternités implique souvent un éloignement des lieux d’accouchement et une concentration accrue de l’activité sur les établissements restants.
La Drees rappelle que les données issues de la Statistique annuelle des établissements de santé ont connu plusieurs évolutions méthodologiques importantes, notamment en 2013 et en 2024 pour les soins critiques, ce qui limite certaines comparaisons dans le temps.