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Les résultats de cette enquête de pharmacovigilance menée entre début août 2023 et fin janvier 2025 « confirment le rapport bénéfice/risque favorable de ces médicaments lorsqu’ils sont utilisés dans les indications de leur autorisation de mise sur le marché, pour le traitement du diabète et de l’obésité », résume l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) dans un communiqué ce mercredi.
Cette gamme de médicaments, utilisée initialement dans le diabète et depuis deux ans dans la prise en charge très encadrée de l’obésité, imite l’action d’une hormone (GLP-1) produite naturellement par l’intestin pour réguler la glycémie et la satiété.
L’enquête a porté sur les antidiabétiques Trulicity, Victoza, Xultophy et Ozempic, ainsi que, dans la prise en charge de l’obésité, Saxenda, Wegovy et Mounjaro, sachant que pour ces deux derniers, les données disponibles sont, « à ce stade, limitées, compte tenu de leur commercialisation récente ».
Effets indésirables rares mais bien identifiés
Durant cette période, 376 cas graves d’effets indésirables associés aux aGLP-1 ont été rapportés, dont 140 ont concerné leur utilisation pour traiter l’obésité, selon l’ANSM, qui précise que ces effets secondaires sont majoritairement « déjà connus et renseignés dans les notices, notamment les troubles gastro-intestinaux (par exemple nausées, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales…) ».
« Compte tenu de l’exposition importante à ces médicaments, on reste sur un nombre de cas qui est relativement faible », a décrypté pour l’AFP Mehdi Benkebil, directeur de la surveillance à l’ANSM.
En France, environ 870 000 patients utilisent des aGLP-1 dans le traitement du diabète, selon l’agence sanitaire, qui ne dispose pas de chiffres à ce stade concernant leur utilisation pour la prise en charge de l’obésité.
Le mésusage responsable d'effets graves
Le rapport distingue toutefois 36 cas d’effets indésirables liés à un « mésusage pour perdre du poids », dont 25 cas graves pour la santé.
« La majorité de ces cas concernent des médicaments obtenus en dehors du circuit médical, sur les réseaux sociaux, sur internet, à l’étranger ou par un proche », précise Mehdi Benkebil, avertissant que « ce mésusage peut engendrer un sur-risque » et « des effets qui sont plus graves ». Il cite notamment « un coma hypoglycémique lié à l’utilisation d’un médicament supposé falsifié » ainsi que « plusieurs pancréatites aiguës » rapportées par l’enquête.
Celle-ci a également mis en évidence « le risque de carences nutritionnelles liées à une perte de poids rapide », telles qu’une carence en fer, une perte de masse musculaire potentiellement plus conséquente que lors d’un régime traditionnel, ou encore une atteinte neurologique liée à un déficit sévère en vitamine B1.
Avec AFP
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