Le CHU Sud Réunion sera climatisé par l’énergie thermique des mers !

Le CHU Sud Réunion va accueillir la technologie innovante de Swac (Sea water air conditioning) sur son site de Saint-Pierre. Ce procédé en développement permet de substituer la quasi-totalité de l’énergie électrique nécessaire à la climatisation par l’énergie thermique des mers. Une première mondiale de par sa taille, selon le CHU.

Swac. Cet acronyme ne vous dit rien ? Cette technologie innovante représente pourtant un cadeau du ciel énergétique pour le CHU de La Réunion, mais aussi pour l’ensemble de l’île. Puisqu’elle permet de substituer une grande partie de l’énergie électrique généralement utilisée pour climatiser les bâtiments par une ressource totalement naturelle et renouvelable : l’eau de mer. Un dispositif que le CHU de La réunion accueillera bientôt sur son site de Saint-Pierre. La mise en service est en effet prévue en 2023.
 
Comment ce dispositif fonctionne-t-il concrètement ? Il consiste à pomper de l’eau froide en grande profondeur (environ 5 degrés à 1000 mètres) et de transférer le froid contenu dans cette eau au réseau de climatisation de l’hôpital, au moyen d’un échangeur thermique. L’eau de mer qui ressort de l’échangeur thermique (à environ 12°C), est ensuite renvoyée dans l’océan à une profondeur adéquate à sa température, et sans impact sur son environnement. Si bien que « le SWAC permettra de réduire jusqu’à 90 % la consommation d’électricité du CHU liée à la climatisation », estime le communiqué du CHU de La réunion.

Le site de Saint-Pierre particulièrement adapté

Ce projet à fort potentiel d’efficacité énergétique permettra donc au bassin sud de l’île de changer son impact sur les consommations électriques. Le site de Saint-Pierre, en raison de sa localisation et du profil de ses consommations électriques, est tout particulièrement adapté pour accueillir ce projet pilote de thalasso-thermie. Tout d’abord parce qu’il est proche de la côte, et donc « particulièrement bien situé en termes de gradient thermique marin (le profil descend jusqu’à 5°C à 1000 mètres de profondeur) et de bathymétrie (les grandes profondeurs sont proches de la côte) », selon le communiqué.
 
En outre, les besoins en froid du site (28,7 GWh froid par an sur l’ensemble du périmètre) étant lissés et continus dans le temps (24h/24, 365 j/an) « sont particulièrement adaptés à la technologie SWAC et contribuent à amortir une telle infrastructure », selon CHU de La Réunion. En s’appuyant sur une ressource locale, renouvelable et disponible 24 H/24 et 7 J/7, « ce projet innovant, unique au monde de par sa taille, sera une contribution majeure aux objectifs d’efficacité énergétique fixés par la PPE (Programmation pluriannuelle de l'énergie, NDLR) de La Réunion », poursuit le communiqué.

Des économies sur la facture électrique de 10 GWh/an

 L’intérêt énergétique et environnemental est en effet loin d’être négligeable. Le volume d’économies sur la facture électrique sera d’environ 10 GWh/an sur le site de Saint-Pierre, soit une réduction de la consommation électrique globale de l’établissement de 30 %, selon l’étude énergétique menée sur le CHU. Le projet éviterait également une émission de 6 900 tonnes de CO2 par an. « L’alimentation en froid par le SWAC permettra également au CHU de réaliser des économies de maintenance sur ses installations frigorifiques actuelles et également de supprimer les risques sanitaires induits par ses tours aéro-réfrigérantes », ajoute le communiqué.
 
« Le SWAC pour le CHU de Saint-Pierre a tous les atouts pour devenir une référence internationale en matière d’énergie thermique des mers », estime Olivier Duhagon, directeur régional EDF à La Réunion qui étudierait actuellement 4 projets de SWAC à l’échelle de l’île.
 

Portrait de Julien Moschetti

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