Internes des nouvelles spés : À vous les remplas !

Depuis le 20 juin dernier, les internes des nouvelles spécialités issues de la réforme du troisième cycle ont enfin accès aux remplacements. Une nouvelle disposition qui signe la fin d’une carence administrative aberrante.

Les internes des nouvelles spécialités issues de la réforme du 3e cycle étaient jusqu’alors exclus des remplacements. En septembre dernier, Kévin*, interne en phase d’approfondissement dans l’une de ces spés, nous confiait son désespoir de ne pas pouvoir effectuer de remplacement à l’instar de ses co-internes issus de médecine d’urgence, gériatrie, médecine légale et expertises médicales, allergologie, médecine intensive-réanimation, maladies infectieuses et tropicales et médecine vasculaire. « Il n’existe pas de décret à ce jour permettant aux internes de ma spécialité de faire des remplacements. Notre spécialité a été créée avec la réforme de 2017 et le décret d’autorisation de remplacement date de 2014 », dénonçait-il.

Seize mois après que le Conseil National de l’Ordre des Médecins ait sommé le gouvernement de publier les décrets en question, cet imbroglio administratif a enfin pris fin. « Le décret introduit en particulier les spécialités médicales qui ne figuraient pas dans la version jusqu'alors en vigueur et fixe les conditions dans lesquelles les étudiants de troisième cycle qui les suivent peuvent exercer comme remplaçant. », peut-on lire dans le décret relatif à l'exercice de la profession de médecin par les étudiants de troisième cycle en médecine publié le 19 juin dernier au Journal Officiel.

Désormais donc, les remplacements sont ouverts à ces nouvelles spécialités. Une nouvelle règle de conduite régie par un panel de spécificités :

  • Médecine intensive-réanimation : « Cinq stages d'un semestre dont au moins deux dans un lieu agréé à titre principal pour la spécialité et un en anesthésie dans un lieu agréé à titre principal pour l'anesthésie-réanimation. » ;
  • Allergologie : « Cinq stages d'un semestre dont au moins trois dans un lieu agréé à titre principal pour la spécialité et un à titre complémentaire »
  • Médecine d’urgence : « Cinq stages d'un semestre dont au moins un dans un lieu hospitalier agréé à titre principal en médecine d'urgence, un dans un lieu agréé à titre principal en médecine d'urgence ayant la qualification de SAMU-CRRA15/ SMUR, un dans un lieu agréé à titre principal en pédiatrie et à titre complémentaire en médecine d'urgence et assurant la permanence de soins pédiatriques et un dans un lieu agréé à titre principal en médecine intensive-réanimation ou en anesthésie-réanimation et à titre complémentaire en médecine d'urgence »

En ce qui concerne la médecine légale et expertises médicale, les maladies infectieuses et tropicales et la médecine vasculaire et la gériatrie, le topo est le même. « Cinq stages d'un semestre dont au moins trois dans un lieu agréé à titre principal pour la spécialité », indique le décret. Désormais, il ne manque plus qu’à se lancer !

Le maintien des licences de remplacement des internes

Le CNOM souhaitait modifier le nombre de semestres requis avant que les internes puissent obtenir une licence de remplacement. Une proposition qui avait provoqué l’ire de l’InterSyndicale Nationale des Internes qui s’était alors fendu d’une pétition sur le sujet. « Dans son rapport de décembre 2019, le CNOM trahissait à la fois les jeunes médecins, les médecins remplacés, et les patients en proposant de doubler le délai nécessaire aux internes pour obtenir le droit à remplacer », martelait le syndicat en décembre. 

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Internes remplaçants : L’ISNI monte au créneau contre le CNOM

Grâce à la publication de ce décret qui ne revient pas sur les conditions de remplacement préexistentes, cette proposition semble désormais bien loin. « J’ai envie de dire enfin ! », se réjouit le Président de l’ISNI, Gaétan Casanova. Et de continuer à argumenter alors que la bataille est gagnée : « Tout simplement parce que les modifications envisagées nous paraissaient vraiment inadaptées et irresponsables notamment pour les internes qui souhaitent utiliser le remplacement pour payer des années de recherche ».

Une victoire qui ne l’empêche pas de déjà penser aux prochains défis de son syndicat : « Nous sommes dans un travail sur la recertification. La possibilité de faire des remplacements pourrait être accordée après avoir validé un certain nombre de compétences. Dans un monde idéal, j’aimerais que ça fonctionne comme ça. C’est quelque chose qu’ils font dans l’industrie. Mais ce sera dans un second temps. »

*Le nom a été changé 

Portrait de Julia Neuville

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