Les internes des nouvelles spés' exclus des remplacements

Par carence administrative, les internes des nouvelles spécialités issues de la réforme du troisième cycle ne peuvent pas prétendre aux remplacements. Un décret, pour ce faire, n'a toujours pas été publié. 

Kevin* est au désespoir. Actuellement en phase d’approfondissement dans une des nouvelles spécialités issues de la réforme du 3e cycle des études médicales, il a décidé en 2020-2021 de s’attaquer à un master 2. Pour le financer, comme d’autres internes avant lui, il avait pensé faire des remplacements dans les CH périphériques de sa région. Mais c’était sans compter l’imprévoyance de l’administration. Car à ce jour, nous prévient-il dans un message désespéré, « il n’existe pas de décret à ce jour permettant aux internes de ma spécialité de faire des remplacements ». Explication : « Notre spécialité a été créée avec la réforme de 2017 et le décret d’autorisation de remplacement date de 2014. » Résultat bien concret pour Kevin : « Je me retrouve donc à partir de novembre sans financement, sans salaire et sans possibilité de remplacer. »
 

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Ce sont donc l’ensemble des internes des nouvelles spécialités suivantes qui sont privés de licences de remplacement pour des raisons kafkaïennes : médecine d’urgence, gériatrie, médecine légale et expertises médicales, allergologie, médecine intensive-réanimation, maladies infectieuses et tropicales, médecine vasculaire. « Parmi ces spécialités, trois sont directement impactées par la situation sanitaire actuelle : médecine d’urgence, médecine intensive-réanimation, maladies infectieuses et tropicales »,  ajoute Kevin. En médecine d’urgence, ce sont 400 à 500 internes qui seraient privés de licence de remplacement. Le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom) avait déjà tiré la sonnette d’alarme en février 2020, en demandant instamment au gouvernement de publier les décrets en question. Mais rien n’y a fait. En attendant, pour recruter des internes sur des remplacements, les direction hospitalières usent de stratagèmes divers : « Ils nous embauchent avec un statut de faisant fonction d’interne (FFI), mais nous rémunèrent comme des médecins séniors. » Si cette solution permet de trouver des solutions de court terme, le plus simple serait de publier dès à présent ledit décret. Contacté par WUD, le ministère n’avait pas répondu à notre demande, au moment où nous publions. 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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